ACCUEIL > QUESTION D'ACTU > Pourquoi les allergiques alimentaires sont davantage épargnés par la Covid ?

Cytokines

Pourquoi les allergiques alimentaires sont davantage épargnés par la Covid ?

Par Margot Montpezat

Les personnes souffrant d'allergies alimentaires présenteraient un risque plus faible d'infection par le SRAS-CoV-2, le virus à l'origine du COVID-19.

Alessandro Biascioli
Une étude révèle que l'allergie alimentaire est associée à un risque moindre d'infection au COVID-19.
Les allergies alimentaires touchent 250 millions de personnes dans le monde.
Les allergies alimentaires sont une réaction forte et immédiate de la peau et des muqueuses après l'ingestion d'un aliment allergène.

Un risque d’infection inférieur de 50%! C’est la constatation surprenante d’une équipe de chercheurs qui a étudié les facteurs de risque d’infection par le Covid 19.

Leurs résultats ont été publiés dans le Journal of Allergy and Clinical Immunology

Inflammation

Les chercheurs supposent qu'un type d'inflammation différent, causé par un certain type de cytokines et commun chez les personnes allergiques aux aliments, pourrait être à l'origine de la diminution du risque constatée chez ces personnes.

Les cytokines sont des agents essentiels du système immunitaire et constituent, avec les hormones et les neuromédiateurs, les molécules indispensables à la communication entre les cellules.

Le docteur Max A. Seibold, principal chercheur de la National Jewish Health et le premier auteur de l'étude avait précédemment constaté qu'une inflammation de type 2 pouvait réduire les niveaux de l'ACE2, le gène récepteur du SRAS-CoV-2, dans les voies respiratoires.

L’inflammation de type 2 est une réponse physiologique du système immunitaire qui permet de protéger l’organisme contre des infections (bactéries, virus, parasites), des produits irritants ou des allergènes de l’environnement.

"Nos conclusions selon lesquelles les maladies caractérisées par différents types d'inflammation sont associées au risque d'infection suggèrent que l'inflammation sous-jacente est un déterminant important de la susceptibilité à l'infection par le SRAS-CoV-2", déclare le Dr Seibold.

C’est pour cette raison qu’ils ont pu observer que l'obésité et un indice de masse corporelle élevé étaient également des facteurs de risque d'infection.

En effet, l'inflammation systémique accompagne souvent l'obésité.

Une autre constatation est que que les personnes asthmatiques ne présentent pas de risque accru d'infection.

Allergie alimentaire

Les participants à cette étude menée sur près de 1 400 ménages dans 12 villes des Etats-Unis, ont été recrutés à partir de plusieurs études des Instituts américains de la santé sur l'asthme et les maladies allergiques.

Ainsi, environ la moitié des participants avaient une allergie alimentaire, de l'asthme, de l'eczéma ou une rhinite allergique diagnostiquée par un médecin et autodéclarée, ce qui a permis de réaliser une analyse solide pour déterminer si ces conditions étaient associées au risque d'infection.

La large répartition par âge de la cohorte étudiée a également permis aux chercheurs d'évaluer si le risque d'infection dépendait de l'âge.

Ils ont ainsi pu constater que les enfants, les adolescents et les adultes présentaient tous un risque d'infection équivalent.

Cependant, 75 % des enfants infectés étaient asymptomatiques, alors que seulement 59 % des adolescents et 38 % des adultes infectés étaient asymptomatiques ce qui permet de mieux comprendre comment les enfants peuvent jouer un rôle important dans les cas de transmission du COVID-19 au sein du foyer.