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QUESTION D'ACTU

Stress post-traumatique

Guerre : l’alcoolisme, une menace pour les soldats de retour du front

Au retour d'une opération militaire, les soldats font face à un risque élevé de comportement addictif avec l’alcool. En particulier ceux qui sont réservistes, faute de suivi médical. 

 Guerre : l’alcoolisme, une menace pour les soldats de retour du front x-reflexnaja/ISTOCK


  • Publié le 09.03.2022 à 19h00
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L'ESSENTIEL
  • Aux États-Unis, les réservistes servent généralement un weekend par mois et quinze jours par an.
  • Lors des récentes guerres en Irak et en Afghanistan, les réservistes représentaient environ 30 à 40 % des forces américaines.
  • En France, plus d'un million de personnes sont alcoolo-dépendantes.

Depuis près de deux semaines, les armées russes et ukrainiennes s’affrontent à l’est de l’Europe. Pour les militaires en action, ces combats laisseront des traces. Plusieurs études, notamment américaines, ont mis en lumière le stress post-traumatique dont souffrent les soldats après une mission. Selon une nouvelle recherche, parue dans Journal of Studies on Alcohol and Drugs, ils sont aussi exposés à un risque élevé d’addiction. 

Des soldats américains de retour d’Irak 

Selon ses auteurs, des chercheurs du centre d’études sur les vétérans, de l’université d’Utah, la consommation d'alcool est courante chez les militaires en service. Elle leur permet de faire face aux émotions négatives lors d’un déploiement militaire. Mais à leur retour, ces comportements perdurent. "Les événements liés à la mission, comme le fait d'avoir participé à un combat direct et d'avoir subi un traumatisme, peuvent provoquer un grand malaise personnel, une "blessure morale", nécessitant une certaine forme d'auto-apaisement, la consommation excessive d’alcool par exemple", explique l'auteur de cette recherche, James Griffith. Pour mieux comprendre cette problématique, il s’est appuyé sur les réponses à un sondage, fournies par des soldats de la Garde nationale de réserve de l’armée, revenus de l'opération Iraqi Freedom, qui s’est déroulée entre 2003 et 2011. Au total, le scientifique américain a analysé les données de plus de 4 500 réservistes. L'enquête anonyme comprend 80 questions sur la consommation d'alcool et de drogues, ainsi que sur d'autres aspects de la vie des soldats tels que les comportements criminels, les relations interpersonnelles, le soutien social et les symptômes de détresse psychologique. 

L’exposition au combat, un facteur déterminant 

Comme point de comparaison, James Griffith a utilisé les réponses de réservistes non-mobilisés sur le terrain. Dans l'ensemble, les soldats de la Garde nationale récemment revenus avaient des taux de consommation excessive d'alcool plus élevés que les réservistes non déployés : 29,9% contre 24,1% pour la consommation excessive d'alcool et 33,9% contre 31,8% pour le binge-drinking. Selon le chercheur américain, le facteur le plus influent était l'exposition au combat pendant le déploiement, qui était associée à une plus grande consommation d’alcool. Aussi, le risque n’est pas le même selon le type de militaire : les réservistes sont plus vulnérables que les militaires à plein temps. "À leur retour, les réservistes reprennent leur service militaire à temps partiel, ainsi que leur vie civile et leur emploi, précise le chercheur. Contrairement au personnel militaire en service actif, les réservistes ne vivent généralement pas à proximité d'installations militaires pour avoir accès à un suivi médical. Et beaucoup ne sont pas éligibles aux soins de santé militaires." En somme, ils sont davantage isolés, et plus à risque d’avoir une consommation problématique d’alcool. Pour l’auteur de cette étude, il est nécessaire qu’une évaluation approfondie du risque d’alcoolisme soit réalisée pour les réservistes de retour du front. 

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