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Sondage

Les impacts du bruit sur la santé sont en hausse

Par Mathilde Debry

7 Français sur 10 indiquent être régulièrement gênés par le bruit, et 21% ont le sentiment que leur sensibilité à cette nuisance a augmenté depuis la crise sanitaire. 

AntonioGuillem / istock.
Le bruit impacte particulièrement les femmes (pour 70% d'entre elles), les 50-64 ans (69%), les cadres (73%), les télétravailleurs (75%) et enfin les résidents de l'agglomération parisienne (79%).

Selon un nouveau sondage de l’Ifop mené pour l’association JNA, les Français sont de plus en plus gênés par le bruit, ce qui a des conséquences importantes sur leur santé.

Troubles du sommeil, stress, maux de tête

"Fait majeur : les jeunes et les moins de 35 ans s’expriment cette année fortement sur le sujet, contrairement aux idées reçues", notent d’abord les sondeurs. 7 Français sur 10 indiquent être régulièrement gênés par le bruit à leur domicile, au travail, dans les établissements scolaires ou à l’extérieur, et 21% ont le sentiment que leur sensibilité à cette nuisance a augmenté depuis la crise sanitaire. Entre 2016 et aujourd’hui, une bascule de la gêne du bruit entre la journée et la nuit s’est opérée : +7 points pour le jour et -15 points pour la nuit, "notamment à cause de la diminution des sorties nocturnes suite aux confinements anti-Covid", analysait ce matin lors d'une conférence de presse Marie Fevrat, chargée d’étude à l’IFOP.

De ce fait, les impacts du bruit sur la santé et la qualité de vie sont en hausse depuis 2020, avec un écart de 10 points sur les troubles du sommeil (1 Français sur 2), de 6 points sur la fatigue (54%), les pertes de concentration (56%) ou sur l’agressivité (49%) et de 7 points sur le stress (51%) ou les maux de tête (46%). "Les nuisances sonores impactent bien sûr la santé auditive en déclenchant des surdités et des acouphènes, mais aussi la santé globale", rappelle le Professeur Jean-Luc Puel, président de l’association JNA. "On sait par exemple que le stress engendre des maladies cardiovasculaires", poursuit-il.

"L’audition n’est pas encore rentrée dans les mœurs"

Pourtant, seul 1 français sur 5 évoque sa gêne du bruit à son médecin traitant et seul 1 Français sur 5 a réalisé un bilan médical chez l’ORL il y a moins de cinq ans, une proportion qui ne bouge pas depuis 10 ans. Et si la surdité et les acouphènes figurent au 5ème rang des inquiétudes sanitaires des Français, 1 sur 2 n’est pas bien informé sur le sujet. "L’audition n’est pas encore rentrée dans les mœurs : on ne la teste toujours pas à l’école ni via la médecine du travail. Il y a encore beaucoup de chose à faire dans ce domaine", déplore Jean-Luc Puel.

Point positif de l’enquête : 66% des Français ont le bon réflexe de limiter leur volume d’écoute et 46% d’intégrer des pauses auditives dans leur quotidien. Le temps de récupération auditif semble même s'installer chez les jeunes, 51% des 18/24 indiquant le faire régulièrement tout comme 47% des moins de 35 ans. "Les Français doivent aussi savoir que lorsque l’on subit un traumatisme auditif, il faut agir au plus vite en allant aux urgences ou chez un ORL sans prendre de rendez-vous. Si rien est fait dans les deux jours qui suivent la surexposition au son, l’ouie n’est plus récupérable", rappelle Roselyne Nicolas, vice-présidente de l’association France Acouphènes.

Face à ces chiffres, l’association JNA recommande de lancer un plan national de réduction du bruit et de reconnaître l’audition comme grande cause nationale, afin notamment de questionner les expositions au bruit lors de toute prise en charge médicale ou de généraliser les dépistages.