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Covid-19

Quelles sont les professions qui vivent le plus mal la crise sanitaire ?

Par Mathilde Debry

Pour mettre en place des politiques de prévention plus ciblées, Santé Publique France révèle quels sont les secteurs professionnels les plus affectés par la crise sanitaire. 

Tomas Ragina / istock.
Le rappel vaccinal sera ouvert à l'ensemble des adultes dès "ce samedi", a annoncé Olivier Véran.
Le masque va redevenir obligatoire en intérieur.

Alors que le ministre de la Santé Olivier Véran vient d’annoncer de nouvelles mesures pour lutter contre la pandémie de Covid-19, une étude de Santé Publique France révèle quelles sont les professions qui vivent le plus mal cette crise sanitaire qui s’éternise.

Un impact de la Covid-19 sur les conditions de travail

"Des mesures de distanciation sociale plus ou moins strictes ont été mises en place depuis le 17 mars 2020 (date de mise en place du premier confinement) afin de limiter la propagation du SARS-CoV-2", expliquent en préambule les experts en santé publique. "Ces mesures ont eu un impact sur les conditions de travail à des degrés variables. Ont alors pu émerger de nouvelles sources de risque pour la santé mentale", poursuivent-ils. Leur étude visait donc à suivre l’évolution de l’anxiété et de la dépression dans la population active et à identifier les sous-groupes les plus touchés.

Les données proviennent de la grande enquête Coviprev et sont issues des vagues 1 (23 au 25 mars) à 19 (14 au 16 décembre 2020). Dans le cadre de cette analyse, seuls les actifs occupés ont été sélectionnés (personnes travaillant in situ, à domicile, au chômage partiel ou en arrêt de travail). 

Ceux qui travaillent en présentiel sont mieux dans leur tête

Globalement, la prévalence des états anxieux était de 30,5% lors de la vague 1. Elle a ensuite connu une baisse significative jusqu’à la vague 3 (14 au 16 avril) avant de rester à des niveaux stables, mais relativement élevés. Pour la dépression, la prévalence était de 20,9% en vague 2. Elle a connu une baisse significative avec la période du déconfinement avant de réaugmenter de façon significative en octobre aux alentours du second confinement.

Sur l’organisation du travail : être en arrêt de travail par rapport au travail in situ était associé à un risque accru de présenter un état anxieux, mais uniquement pour les hommes. Pour les deux sexes, travailler in situ était associé à un plus faible risque de présenter un état dépressif par rapport au fait de travailler à domicile, d’être en chômage partiel ou en arrêt de travail.

Les financiers, les enseignants et les artistes sont les plus affectés 

Les analyses par branche mettent quant à elles en avant un risque plus élevé de présenter un état anxieux parmi les travailleurs des secteurs des activités financières ou assurances, ainsi que des arts, spectacles et activités récréatives. A l’inverse, ce risque était plus faible pour les travailleurs de la santé humaine et de l’action sociale, de l’administration publique et des activités spécialisées ou scientifiques. Le risque de présenter un état dépressif était plus important parmi les travailleurs de l’enseignement et plus faible parmi les travailleurs du secteur de la santé humaine ou de l’action sociale.

"Nos résultats montrent que les prévalences de symptomatologies anxieuses et dépressives sont restées élevées sur l’ensemble de l’année 2020 chez les actifs occupés", analysent les chercheurs de Santé Publique France. "Il semble qu’une vigilance particulière doit être apportée à certaines catégories de population comme les personnes en arrêt de travail, ainsi que, plus globalement, auprès des travailleurs des secteurs des arts, spectacles ou autres activités récréatives et de l’enseignement", ajoutent-ils. Leur essai "constitue une première étape dans l’élaboration d’interventions ciblées", concluent-ils.