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Coronavirus

Formes graves de la Covid- 19 : un risque multiplié par trois pour les hommes

Les hommes infectés par la Covid-19 ont un risque trois fois plus élevé que les femmes d’être hospitalisés en soins intensifs. Ils ont également un risque significativement plus élevé de décéder de cette maladie.

Formes graves de la Covid- 19 : un risque multiplié par trois pour les hommes PatrikSlezak/iStock

  • Publié le 10.12.2020 à 15h30
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L'ESSENTIEL
  • Le risque d’infection par le SRAS-Cov-2 est le même pour les femmes et les hommes.
  • Les hommes ont 39% de risque supplémentaire de mourir de la Covid-19
  • Ces données pourraient avoir des implications pour les futurs vaccins
La tendance se confirme. Une nouvelle étude, parue le 9 décembre dans la revue Nature Communications, vient confirmer que les hommes sont plus sensibles aux formes graves de Covid-19 que les femmes. Très tôt, les premières données épidémiologiques ont fait part de cette réalité qui se renforce à mesure des recherches scientifiques. Outre un risque trois fois plus élevé que les femmes de devoir être traités soins intensifs, les hommes sont également plus susceptibles de mourir de la maladie.

Un risque d’infection similaire

Les chercheurs britanniques ont analysé plus de trois millions de cas confirmés de coronavirus dans 46 pays entre le 1er janvier et le 1er juin. Ce large panel leur a permis d’affirmer que le risque d’infection par le SRAS-Cov-2 est le même pour les femmes et les hommes, car “exactement la moitié” des cas confirmés sont des patients de sexe masculin. La différence se fait après puisque les hommes sont presque trois fois plus susceptibles que les femmes d'être hospitalisés dans une unité de soins intensifs et ont 39% plus de risque de mourir du virus.

Ces données, affirment les chercheurs, doivent aider les médecins dans la prise en charge des patients contaminés. “Elles peuvent aider les médecins à reconnaître que le sexe est un facteur de risque de maladie grave lors de la prise en charge des patients”, a avancé à l'AFP la co-auteure de l’étude, Kate Webb. Le sexe est une variable sous-déclarée dans de nombreuses études et c'est un rappel que c'est un facteur important à prendre en compte dans la recherche.” 

Une possible différence de réaction aux vaccins

Cette différence entre les sexes est imputable à des différences biologiques, estiment les chercheurs. “Des différences entre les sexes dans le système immunitaire inné et adaptatif ont déjà été rapportées et peuvent expliquer l'avantage féminin du Covid-19”, ont-ils écrit. Les femmes produisent naturellement plus de protéines d'interféron de type I qui limitent la réponse immunitaire anormale connue sous le nom de tempête de cytokines, censée jouer un rôle dans la provocation de formes sévères de Covid-19, bien que cela soit controversé. Par ailleurs, la femme produit l’hormone œstradiol qui peut aider à repousser les formes graves du virus par la stimulation de la réponse des cellules T, celles qui permettent de tuer les cellules infectées, et par l’augmentation de la production d’anticorps. “En revanche, la testostérone, l'hormone sexuelle masculine, supprime le système immunitaire”, notent les auteurs.

Ces données pourraient avoir des implications pour les futurs vaccins, ajoutent les auteurs. Ces derniers rappellent que des vaccins antérieurs contre d'autres infections ont montré des différences de réponse entre les femmes et les hommes. “Il reste à déterminer s'il en sera de même pour les vaccins contre le SRAS-CoV-2, précise Kate Webb. Mais nous espérons que notre article souligne la nécessité d'inclure le sexe comme variable lors de l'examen de la recherche sur les vaccins.”

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