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Maladies inflammatoires chroniques de l'intestin : la douleur persiste malgré la rémission pour un patient sur cinq

Par Amanda Breuer-Rivera

Les patients en rémission de maladies inflammatoires de l'intestin peuvent se plaindre de douleurs. Ils représenteraient entre 23,5% et 33,6% des malades, une proportion non-négligeable pour les spécialistes.

Stefanamer/iStock
Selon une méta-analyse britannique, entre 23,5 et 33,6% des patients en voie de rémission d'une maladie inflammatoire de l'intestin souffrent.
Ce chiffre oscille selon la manière d'établir la rémission de la maladie.
Les chercheurs pronent une approche de "bien-être psychologique" pour les aider.

La maladie régresse mais pourtant, la douleur demeure. C'est ce que déclare au moins une personne sur 5 en rémission d'une maladie inflammatoire de l'intestin selon une méta-analyse menée par des chercheurs gastro-entérologues de l'université de Leeds (Royaume-Uni) publiée ce 1er octobre dans la revue The Lancet. Ils concluent que “les patients atteints d'une maladie inflammatoire de l'intestin (MII) signalent souvent des symptômes compatibles avec le syndrome du côlon irritable (SCI), ce qui pourrait avoir un effet sur la santé psychologique.” Ils estiment que les précédentes études sur ce sujet n'étaient pas suffisamment exhaustives.

Pour mieux mesurer ce phénomène, les chercheurs se sont penchés sur l'ensemble des études publiées sur trois bases de données bibliographiques médicales entre le 1er janvier 2012 et le 11 mai 2020. Là, ils ont pré-sélectionné les études avec des cas-témoins prospectives ou transversales rapportant la prévalence des symptômes répondant aux critères diagnostiques de SCI chez les adultes atteints de MII en rémission. Ensuite, ils ont conservé les recherches sur une population adulte non sélectionnée (plus de 90% des participants âgés de 16 ans ou plus) avec une MII confirmée histologiquement ou radiologiquement et portant sur au moins 50 participants. Là, ils ont catégorisé les différentes définitions de “rémission” et nivelé leurs calculs statistiques sur les mesures des maladies inflammatoires de l'intestin ainsi que sur le syndrome du côlon irritable. À cela s'ajoute l'association entre la déclaration des symptômes de type SCI, ainsi que l'estimation de la comorbidité psychologique l'aide de la différence moyenne pondérée ou de la différence moyenne standard, des scores d'anxiété et de dépression entre ceux rapportant des symptômes de type SCI et ceux les autres patients.

Résultats

Ainsi ce travail de sélection et de calcul aboutit sur 3 370 études identifiées et 27 éligibles, dont 18 nouvellement identifiées. Cette méta-analyse est donc inédite par rapport aux précédentes études sur le sujet. Ainsi selon les chercheurs britanniques, parmi 3 169 patients atteints de MII en rémission 32,5% déclaraient souffrir de symptômes de type SCI. Ce taux diminue et atteint 23,5% si la rémission est constatée par une évaluation endoscopique, ou 25,8% par une évaluation histologique. Cependant, la constatation de la rémission via un indice d'activité de la maladie clinique validé porte le nombre de patients souffrants à 33,6% et concerne surtout les malades de Crohn (36,6%) plutôt que ceux de colite ulcéreuse (28,7%).

Ces résultats concordent avec les scores d'anxiété et de dépression des personnes se disant souffrantes par rapport aux autres malades en rémission non souffrants. Ainsi selon la définition de la rémission, les personnes se plaignant de douleurs oscillant entre 23,5% et 33,6%, soit entre 1/5 et 1/3. “Aborder le bien-être psychologique pourrait améliorer les résultats dans ce groupe spécifique de patients”, préconisent les chercheurs. La rémission signifie que la maladie régresse et non pas qu'elle a disparu, malheureusement pour ces patients.