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Cadre de vie

Déconfinement : à Paris, le retour des voitures, des terrasses... et du bruit!

Par Amanda Breuer-Rivera

Après un calme inattendu lié au confinement, la capitale reprend vie doucement. Un retour d'activité qui amène avec lui plus de bruit.

monkeybusinessimages/iStock

Paris s'éveille de sa torpeur confinée tandis que ses habitants redécouvrent... le bruit. Après près de deux mois de nuits calmes et de réveils au chant des oiseaux, les Parisiens renouent progressivement avec un niveau sonore de capitale encore loin de sa situation ante-crise sanitaire selon une étude de Bruitparif publiée fin mai.

Depuis leurs fenêtres, ils entendent la mélodie du déconfinement qui ressemble à celle ... du vrombissement des voitures. Durant la phase d'isolement, le bruit a diminué de 5,5dB(A) le jour et 8,4dB(A) la nuit, des valeurs qui correspondent, selon Bruitparif, à une chute de 68% d'émission sonore et 84%. Cela revient à diviser par 3/5e ou 4/5e la pression acoustique et à beaucoup plus la circulation puisque, selon Bruitparif, les sources de bruit ne s'additionnent pas de manière arithmétique. Si deux sources sonore de valeur identique se trouvent à proximité, le niveau de bruit augmente légèrement, ainsi une dizaine de voitures provoque environ la même nuisance sonore qu'un camion. Cependant, une voiture circulant à proximité d'un camion ne se fera pas entendre car sa pression sonore sera "masquée" par ce dernier bien plus bruyant qu'elle.

Le déconfinement à Paris intra-muros a provoqué le retour de la circulation certes modéré mais qui se fait entendre. Ainsi le niveau sonore entre le 11 et le 31 mai était moindre de 2,2dB(A) le jour et de 3,8dB(A) la nuit par rapport au bruit habituel, ce qui correspond à une pression sonore diminuée de 40 à 58%. Une variation nette de 28pt le jour et 16pt la nuit par rapport au confinement.

Vie nocturne reprend mais à des niveaux moindre

En ce qui concerne la vie nocturne des huit "quartiers animés" parisiens mesurée par Bruitparif, le déconfinement a eu un impact divers. D'un côté, les espaces 'naturels' comme le Bassin de la villette (XIXe), le Canal Saint-Martin (Xe) et le Port de la Gare (XIIIe) ont largement dépassé leur niveau sonore d'avant-crise. L'effet météo et le cadre 'ouvert' doivent certainement ajouter à l'attractivité de ces lieux en ces conditions de sortie de confinement. Pourtant selon Bruitparif, le niveau sonore du Canal Saint-Martin, lors des trois premières semaines du déconfinement entre 22h et 2h du matin, est plus faible par rapport à la même période en 2019. Globalement cette baisse est de -8,9dB(A) soit près de -87% d'émissions sonore, et les vendredis et samedis soir de -4,5dB(A), soit -64%. Au niveau du Port de la Gare (XIIe), cette variation est de -4,6dB(A) globalement et de -4,9dB(A) les vendredis et samedis soirs. Malheureusement l'association ne dispose pas de ces données pour le Bassin de la Villette.

Le quartier des Halles (Ier), Austerlitz-La Rapée (XII-XIIIe), le quartier Butte aux Cailles (XIIIe) et les quartiers des enfants rouges (IIIe) reprennent doucement leur animation mais à des niveaux moindre par rapport à avant le confinement et l'année 2019. Une seule exception dans le Paris éloigné de l'eau et de la verdure : la place Sainte-Catherine (IVe) qui est devenu le quartier le plus animé de Paris sur les sept autres étudiés par Bruitparis. Il a presque retrouvé son niveau sonore de l'année dernière. La raison ? Certainement la réverbération des murs autour de cette petite place. Quant aux Halles, le quartier le plus bruyant avant-crise, il est loin de retrouver son animation d’antan durant des trois premières semaines du déconfinement. Paris n'est pas encore redevenue une fête.