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QUESTION D'ACTU

Témoignage

Crise sanitaire : "Je compte repousser mon tour du monde d'au moins 18 mois"

Guillaume, un commercial de 29 ans, aurait dû partir en voyage autour du monde pendant près d'un an à compter du mois d'août. En raison de la pandémie de Covid-19, il doit reporter ce projet qui lui tenait énormément à cœur. Il témoigne et raconte comment la crise sanitaire l'a rendu plus pragmatique.

Crise sanitaire : \ Soner Cdem/iStock

  • Publié le 22.05.2020 à 17h05
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"Partir faire le tour du monde est un projet que j'ai depuis très, très, très, longtemps. J'avais énormément envie de voyager au long cours, pas comme pendant des vacances où tu es à 200 à l'heure pour pouvoir tout faire. C'était le bon moment, car, au début du mois de mars, j'étais arrivé au bout de l'expérience professionnelle dans laquelle j'étais. Je suis aussi célibataire depuis peu, donc je n'avais plus la contrainte de me mettre d'accord avec quelqu'un sur le quand, comment et où. J'avais prévu de partir en août pour 10 mois car je voulais être rentré en juin 2021 en France. 

D'une part, car c'est le moment où je fêterai mes 30 ans – je me disais que c'était sympa de partir en tour du monde les 10 derniers mois de ma vingtaine – mais aussi parce que j'ai un ami qui se marie. J'avais pour projet de commencer par le Sri Lanka, puis de partir en Inde. C'était mon unique inconnue car c'est la première fois que je voyage seul et ça a l'air d'être un pays qui ne laisse pas indifférent : je pourrais y avoir un coup de cœur et y passer plusieurs mois, ou détester et partir après une semaine.

Petit à petit, j'ai commencé à penser qu'un départ en janvier était peut-être mieux 

Ensuite, j'avais prévu d'aller au Népal, dans l'idée que ce soit une zone tampon, sans plans très précis, sachant que je connais plutôt bien l'Asie du Sud-Est. L'objectif était d'être parti aux alentours de Noël pour la Nouvelle-Zélande, où je voulais passer 5 semaines, avant de me rendre au Mexique. À partir de là, l'idée était de descendre l'Amérique centrale, en limitant au maximum les avions au profit des bus, voire des bateaux. Idéalement, je voulais terminer le voyage en Colombie ou en Équateur. En somme, je voulais avoir une trajectoire globale, sans grosses contraintes.

Heureusement, la seule chose que j'avais réservée était mon vol aller pour le Sri Lanka. J'avais également renouvelé mon passeport et fait ma demande de permis international ; rien de très engageant. Quand mon expérience professionnelle s'est terminée, je me suis dit que j'allais préparer mon voyage en faisant fi du Covid-19. Pour moi, ça allait être bon pour un départ en août. Puis, petit à petit, j'ai commencé à penser que partir en janvier était peut-être mieux. 

Je pense que le retour à la normale se fera autour du printemps 2021

Comme j'ai la bougeotte, je me suis demandé ce que j'allais faire en attendant, donc j'ai réfléchi au bénévolat : j'avais envie de donner, vu que j'allais recevoir tout au long de mon voyage. Mais, finalement, le mois dernier, j'ai réalisé que la situation n'était vraiment pas idéale et qu'il serait peut-être possible de partir en janvier, mais seulement dans le cadre de vacances classiques. Passer d'un pays à l'autre en montrant patte blanche à chaque fois risquait d'être compliqué.

Je suis donc parti sur une nouvelle recherche d'emploi en m'offrant le luxe d'être sélectif. Dans mon esprit, je compte repousser mon tour du monde d'au moins 18 mois. D'une part, je pense que le retour à la normale se fera autour du printemps 2021 : je pars du principe que rien n'est impossible face à la situation inédite dans laquelle nous nous trouvons. Par ailleurs, je suis obligé de faire preuve d'un certain pragmatisme par rapport à mon travail. Je ne me vois pas aller dans une entreprise, y rester seulement quelques mois, puis en partir.

Je suis hyper déçu mais j'essaie de relativiser le plus possible

À l'origine, l'idée était de rester le plus libre possible ; c'est toujours le cas. C'est dans cet état d'esprit que j'ai choisi de chercher un travail. Je vivrais très mal de me fixer une nouvelle date de départ pour qu'elle soit à nouveau décalée et que je connaisse une autre désillusion. Quand j'ai su que mon voyage était tombé à l'eau, ça allait, puisque je me suis mis dans la dynamique d'aller chercher du boulot, de passer des entretiens… Mais le marché de l'emploi est compliqué d'accès en ce moment.

De fait, quand quelque chose ne se concrétisait pas, ça me renvoyait à mon tour du monde. Dans ces moments, je me disais : 'c'est moche, c'était mon projet, j'avais envie de le faire, de le vivre'. Il y a une accumulation de plusieurs choses : je me suis retrouvé célibataire alors que ce n'était pas mon choix, puis la fin de mon emploi s'est révélée être un nouveau projet tombé à l'eau, et là, le voyage… Je suis hyper déçu, mais j'essaie de relativiser le plus possible : j'ai quitté mon emploi, mais j'ai le chômage, ce n'est pas comme si j'attaquais mes économies du voyage. Ça aurait pu être mille fois pire, au final il n'y a rien de grave : comme ça me tient vraiment à cœur, je partirai un jour. Je tente de rester optimiste et de prendre du recul. Puis, je suis en bonne santé ; c'est le principal".

Nous avons pu entrer en contact avec Guillaume grâce au réseau de Tourdumondiste.

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