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La chronique du Docteur Lemoine

Que penser des faux sucres ?

Par le Dr Jean-François Lemoine

La mode est aux faux sucres. Vrai pouvoir sucrant mais peut-être fausse solution, les médecins ne sont pas tous d'accord sur leur utilité à long terme.

humonia / iStock

Que penser des édulcorants de synthèse ? Sous ce nom barbare se rangent les fameuses sucrettes, les boissons light et quelques stupidités comme le chocolat de régime ! Pour la plupart d'entre vous, édulcorant signifie sans sucre, ce qui n'est pas tout à fait exact, car il existe deux sortes d'édulcorants. Certes, ceux qui ont un très fort pouvoir sucrant sans amener de calories, mais également ceux que l'on appelle les polyols, qui servent à augmenter la consistance et la viscosité, et sont considérés comme des sucres sans effet sur les caries ou les problèmes de diabétiques. C'est le cas par exemple du sorbitol, que l'on retrouve dans les nouveaux chewing-gums dits sans sucre, certes, mais non pas sans calories – la nuance est importante.

Les faux sucres – l'aspartame est le plus connu – ont un pouvoir sucrant 300 à 400 fois supérieur à celui du sucre, ce qui explique pourquoi pour un effet équivalent, leur apport en calories est négligeable. Toutefois, même si de nombreux gastronomes ont su se convaincre de les utiliser, il persiste une certaine amertume – ou un goût sucré différent – qui, lors de leur consommation, les rendent parfois désagréables. C'est pourquoi depuis quelques années sont apparus des produits mixtes, composés de 99 % de saccharose, c'est le nom chimique de notre bon vieux sucre, et de 1 % d'édulcorant. Le résultat est assez impressionnant au niveau qualitatif et permet de diviser par deux les calories : 10 calories au lieu de 20 pour un sucre normal. La performance est encore plus impressionnante pour les boissons dites lights : un litre de cola, quelle que soit sa marque, apporte 100 grammes de sucre. Sa version light, rien du tout. C'est donc là, en fait, que doit porter l'effort principal de l'été, et peut-être moins sur la privation du café matinal sucré traditionnellement.

Pour être complet, on sait aujourd'hui que contrairement à ce que l'on a pu lire, ces produits ne sont pas dangereux sauf chez les personnes qui souffrent de phénylcétonurie, une maladie génétique rare qui entraîne des difficultés à digérer un acide aminé, la phénylalanine.

 

Ils ont cependant un inconvénient de taille : ils ne font pas oublier le goût du sucré et rendent donc la rechute probable à tout moment. Enfin, il n’y a pas un congrès de diabétologie sans communication sur les liens entre le diabète et ces faux sucres. C'est pourquoi, bien que rien ne soit clairement établi, pour ceux qui peuvent se priver de sucre, la médecine moderne préfère la restriction plutôt que l'imitation.

 

Docteur Jean-François Lemoine

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