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Vieillissement

L’auto-perception du vieillissement peut affecter le pronostic des patients âgés atteints de cancer

Par Dr Reetika Sirhindi

Peu importe le cancer, plus une personne se considère comme âgée et plus elle accroît son risque de mourir.

Drazen Zigic/iStock

Une étude menée à l'université de Liège (Belgique) révèle qu'un changement dans la perception des individus à l'égard de l'expérience du vieillissement peut grandement contribuer à améliorer leurs chances de survivre au cancer, en particulier chez les patients âgés, une fois la maladie diagnostiquée. L’étude a été publiée dans Cancer Medicine. 

L'auteur correspondant de l'étude, Sarah Schroyen, docteure à l'université de Liège, affirme que la perception de l'âge chez les personnes âgées peut affecter le résultat de la thérapie, ce que confirme les résultats de l’étude. Selon Sarah Schroyen, le fait d'être trop conscient de son âge augmente le risque de décès chez les patients âgés chez qui un cancer a été diagnostiqué. 

Trois fois plus de chances de mourir lorsqu’on se sent vieux

Pour cette étude, les chercheurs ont suivi pendant six ans les dossiers médicaux de 140 personnes âgées de 65 ans qui avaient été diagnostiqué d’un cancer non-métastatique. À la fin de l'étude, en prenant en compte des facteurs potentiellement influents, les chercheurs ont constaté que les personnes qui avaient une image négative de leur vieillissement avaient 3,62 fois plus de risques de mourir que celles qui avaient une perception plus positive de leur vieillissement.

“Cette recherche souligne l'importance de l'auto-perception du vieillissement pour notre santé et nous rappelle la nécessité de changer nos attitudes envers les personnes âgées”, indique Sarah Schroyen. 

Selon elle, si plusieurs études ont déjà montré comment l’auto-perception de l’âge permet de prédire de manière significative la santé mentale et physique, dans le cas présent, l'équipe a analysé l'effet de l’auto-perception de l’âge sur la mortalité dans un contexte spécifique : celui de l'oncologie gériatrique.

La chercheuse a conclu que le l’auto-perception de l’âge influençait la mortalité des personnes âgées dans le contexte particulier de l'oncologie. Par conséquent, la nécessité de changer nos attitudes à l'égard du vieillissement et des personnes âgées impliquée indirectement par ces résultats est discutée.

Mieux vaut avoir une bonne perception de son âge

Les résultats de l'étude confirment que l’auto-perception de l’âge a une influence sur la mortalité, en particulier chez les personnes âgées ayant une auto-perception de l’âge négative. Ces résultats restent inchangés même après avoir appliqué des contrôles au niveau de l'âge, du sexe, du niveau d'éducation et de cognition, des informations oncologiques connues par le patient (le site et le type de cancer), ainsi que la santé physique et mentale de départ. 

Selon Sarah Schroyen, bien que l'étude n'ait pas produit d'informations concernant la cause du décès, mais seulement sur l’auto-perception de l’âge, elle reste pertinente. “Avoir des informations sur comment nous percevons notre état de vieillesse avant le diagnostic et voir s'il y a un changement de l’auto-perception de l’âge après celui-ci peut permettre de mieux comprendre son mécanisme. Cette perception pourrait être malléable et potentiellement modifiée par différentes interventions”. 

Les chercheurs suggèrent que des études futures soient menées pour analyser plus en détail l'effet de l'intervention psychologique sur l’auto-perception de l’âge. Le fait que ces résultats doivent être reproduits et développés plus avant a également été souligné par l'équipe de recherche.

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