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Changement climatique

La pollution de l'air fragilise aussi les os

Par Anaïs Col

La pollution atmosphérique toucherait également la santé osseuse d'après une grande étude menée sur 3 700 volontaires. 

Ulianna/iStock
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Nous savons que la pollution atmosphérique peut causer les mêmes maladies pulmonaires que le tabagisme et qu'elle augmente les risques de maladies respiratoires comme l'asthme, ou encore de tumeur du cerveau. Des chercheurs de l’Institut de Barcelone pour la santé mondiale (ISGlobal) viennent de publier dans la revue Jama Network Openune nouvelle étude démontrant cette fois, l'influence de la pollution atmosphérique sur la santé des os. 

Une perte de masse osseuse observée

Pour mener cette recherche, 3 700 personnes originaires de 28 villages situés dans le sud de l'Inde ont été recrutées. Les chercheurs ont mesuré leur exposition à la pollution extérieure aux particules fines et au noir de carbone (massivement produit par l'industrie de la pétrochimie), puis leur ont demandé de répondre à quelques questions, lesquelles consistaient à savoir quel combustible ils utilisaient pour cuisiner.

Pour rappel : on appelle “particules fines”, les particules dont le diamètre est inférieur à 2,5 micromètres et qui restent plusieurs jours en suspension dans l'atmosphère, pouvant ainsi trouver refuge dans les poumons, voire les alvéoles. Les chercheurs ont également mesuré la densité osseuse (autrement dit la teneur en calcium) des 3 700 candidats grâce à l’ostéodensitométrie, un examen médical par radiographie aussi appelé “densitométrie osseuse”.

Les résultats sont édifiants : l’exposition annuelle moyenne aux particules fines de ces personnes était de 32,8 μg / m3 (microgrammes par mètre cube d’air), soit bien au-dessus du seuil d'exposition de 10 μg / m3 recommandé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). De plus, “l’inhalation de particules polluantes pourrait entraîner une perte de masse osseuse par le stress oxydatif et l’inflammation provoqués par la pollution de l’air”, alerte Otavio T. Ranzani, l'un des auteurs de l’étude.

9 millions de morts dans le monde chaque année

L'exposition aux particules fines est également un fléau dans les grandes villes européennes. A Paris, la journée du 1er janvier 2020 a enregistré une concentration en particules fines PM10 de 63 g/m3. La Préfecture de police a dû abaisser les limitations de vitesse et interdire le “chauffage individuel au bois d’appoint ou d’agrément”, constatant “la part très importante de la concentration en particules fines PM10 imputable directement au chauffage au bois de 800 000 ménages en Ile-de-France.”

D'après un bilan de l'Agence européenne de l'Environnement, 450 000 années de vie seraient perdues à cause de la pollution atmosphérique, soit une moyenne d'un mois par Français. Globalement, elle causerait chaque année 800 000 décès prématurés en Europe et 9 millions dans le monde.