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Etude britannique

Un divorce dans l'enfance impacte la santé à l'âge adulte

Par Cécile Coumau

Les enfants ayant vécu une séparation de leur parents seraient plus à risque de développer une maladie coronarienne ou un diabète, selon une étude britannique. Une association qui reste à confirmer.

STORM/P.P.L. IMAGE/SIPA
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Les parents qui se séparent s’inquiètent toujours de l’impact psychologique qu’aura cet événement sur leurs enfants. Et de nombreux chercheurs ont déjà tenté de l’évaluer. Une nouvelle étude étonnante vient de paraître dans la revue scientifique « Psychoneuendocrinology » (1). Ses auteurs ont découvert que les adultes qui avaient vécu la séparation de leurs parents pendant leur enfance avaient un marqueur d’inflammation plus élevé que ceux dont les parents étaient restés ensemble. Ce marqueur, la CRP, était de 16% supérieur à l’âge de 44 ans. Or, la C-Réactive protéine est un facteur de risque connu de maladies coronariennes et de diabète de type 2. « L'élévation des niveaux de cette protéine sur une période de temps prolongée peut être le signe d'une mauvaise santé à l'âge adulte, commentent les auteurs de ce travail. Cependant, juste parce que nous avons identifié une relation entre le divorce des parents et l'inflammation, ne signifie pas nécessairement qu'il y a un lien de causalité. »


Cette association entre séparation des parents et hausse de l’inflammation pourrait s’expliquer de plusieurs façons. Selon les auteurs de cette étude, ce n’est pas le choc de a séparation qui serait en cause, mais plutôt ses conséquences. Des facteurs tels que des conditions matérielles moins favorables ou encore le niveau de scolarité pourraient jouer un rôle. En effet, les enfants de parents séparés qui avaient eu de bons résultats scolaires n’avaient pas un taux de CRP élevé. Cependant, leur hypothèse est aussi que « les effets secondaires de la séparation de leurs parents sont tellement stressant pour les enfants et les adolescents, que les voies de stress et de marqueurs biologiques d'entraînement de stress iraient jusqu'à inflammation à l'âge adulte. »


Cette étude financée par de grandes institutions britanniques tels que le National Heart Institute ou encore le Lung and Blood Institute ne permet évidemment pas de tirer des conclusions pratiques. Les auteurs estiment tout de même que ces résultats devraient inciter les pouvoirs publics à mieux identifier et soutenir davantage les familles à risques suite à une séparation.


(1)Parental separation in childhood and adult inflammation: The importance of material and psychosocial pathways, Psychoneuendocrinology