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Accident vasculaire cérébral

Un nouveau traitement fait ses preuves contre l'AVC

Par Mathilde Debry

La stimulation nerveuse pourrait offrir une nouvelle option thérapeutique pour traiter les AVC (accident vasculaire cérébral).

Motortion / istock.
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Une nouvelle thérapie de stimulation nerveuse visant à augmenter le débit sanguin pourrait aider les patients subissant un AVC jusqu'à 24 heures après son apparition.

Une étude portant sur 1 000 patients a révélé que cette technique, appelée "stimulation active des grappes de cellules nerveuses" (active nerve cell cluster stimulation), réduisait le degré d'incapacité des patients trois mois après avoir subi un accident ischémique. Ce type d’AVC, très courant, affecte la surface du cerveau. Le Dr Jeffrey Saver, directeur de la recherche publiée dans The Lancet, affirme : pour nous, "il s'agit de l'avènement d'un tout nouveau traitement pour les patients ayant subi un AVC ischémique aigu". 

Compenser les blessures

Les deux traitements actuellement utilisés pour traiter l'AVC aigu ouvrent les artères obstruées en dissolvant ou en retirant un caillot. Ici, la nouvelle approche applique la stimulation électrique aux cellules nerveuses derrière le nez, augmentant ainsi la circulation sanguine dans le cerveau. Cela dilate les artères non endommagées et permet de contourner le blocage pour traiter la région du cerveau en danger.

Cette nouvelle technique préserve la barrière hémato-encéphalique*, et améliore la capacité des neurones à compenser les blessures et à former de nouvelles connexions.

Sur 520 personnes qui présentaient des déficits importants et des lésions confirmées du cortex cérébral, 40% de celles qui n'avaient pas reçu la stimulation ont obtenu de bons résultats, contre 50% de celles qui avaient reçu la stimulation. Le traitement est efficace lorsqu'il est administré huit à 24 heures après l'apparition de l’AVC.

5 millions de personnes dans le monde meurent d'AVC chaque année

Un accident vasculaire cérébral (AVC), également appelé "attaque cérébrale", est une perte soudaine de la fonction d’une partie du cerveau, provoquée soit par un arrêt brutal de la circulation sanguine à l'intérieur d’une artère cérébrale, soit par la rupture d’une artère avec saignement dans le crâne, ou le cerveau

La gravité de l'AVC va dépendre de la localisation et de l'étendue des zones cérébrales touchées. En effet, chaque zone du cerveau est spécialisée (motricité ou sensibilité de la main, du bras de la jambe, parole, vision…). Un accident localisé va donc supprimer une fonction en partie, ou en totalité. Ce qui explique pourquoi une personne peut garder des séquelles physiques d'un AVC (paralysie d'une partie du corps ou du visage, diminution ou disparition de la vision, problèmes d'élocution...). 

Selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), près de 5 millions de personnes dans le monde meurent d'AVC chaque année et 15 millions sont victimes d'AVC non fatals. En France, on estime qu'entre 120 000 et 130 000 personnes en subissent chaque année.

*La barrière hémato-encéphalique est une barrière physiologique présente dans le cerveau, entre la circulation sanguine et le système nerveux central.