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Le piercing en toute sécurité

Par le Dr Jean-François Lemoine

Vous êtes, sans doute, des milliers de parents à lutter contre l’envie irrépressible de vos adolescents de pouvoir se mettre un anneau sur la langue, le nez, ou le nombril, pour ne parler que des localisations que l’on évoque devant ses parents. Et vos enfants ajoutent, sans doute,  que « si autant de vedettes le font, c’est qu’il s’agit d’un geste pas si grave que cela ! ». En fait, l’argument certainement le plus difficile à contrer est incontestablement le nombre important de mamans qui refusent le piercing, en ayant elles-mêmes les deux oreilles percées. La boucle dans le lobe de l’oreille fait partie de notre culture depuis des dizaines d’années, mais il faut savoir que son accueil n’a pas été très favorable lorsque cette coutume est arrivée dans notre pays. Et le bijou dans le nez fait partie – en Inde, par exemple – des attributs d’une femme de bon goût. Si l’on ne connaît pas le nombre exact d’adeptes du piercing en France, il s’agit toutefois d’une pratique en forte augmentation, en particulier l’été.

Il ne faut pas porter un jugement sur le geste mais plutôt sur les conditions hygiéniques de sa pratique. Car, si tous les arguments d’esthétisme ou de culture sont toujours très subjectifs, les conséquences d’un perçage mal effectué sont, elles, en revanche, bien réelles. Si les oreilles sont le domaine réservé des bijoutiers qui utilisent des pistolets automatiques spéciaux, sans problème grave à signaler, il existe des « perceurs » ambulants, en nombre de plus en plus croissant et difficile à contrôler. Et là, les problèmes sont souvent nombreux. On parle beaucoup des infections qui, c’est vrai, peuvent être longues et délicates à traiter, des allergies, qui disparaîtront peut-être avec l’interdiction de l’utilisation des bijoux contenant trop de nickel. Mais le véritable problème, est très certainement le risque d’hépatite dont on connaît les risques graves à long terme. Il faut donc informer sur les risques. En aucun cas interdire, ce qui serait stupide. Bref, un bon débat pour les repas de famille. Mais même si le ton monte, n’oubliez pas que la sécurité doit toujours l’emporter sur l’affectif.