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L'alcool frappe les jeunes

Par le Dr Sophie Lemonier

MOTS-CLÉS :


 Plus la consommation d’alcool commence tôt en âge, plus le jrisque de dépendance est important et plus la maladie sera grave.

Maladie,  car la dépendance à l’alcool en est une. Et force est de constater que l’alcoolisation aigüe démarre de plus en plus jeune ! Le binge drinking , en français la biture express, c''est-à-dire l’absorption maximum d’alcool en un minimum de temps, touche les jeunes de plus en plus tôt. Les scientifiques de l’Institut de Recherches Scientifiques sur les Boissons  font état d’enfants de 11, 12 ou 13 ans qui se retrouvent aux urgences des hôpitaux dans des états comateux..


Avec quelles conséquences sur leur santé?

Effectivement, l’alcool à forte dose altère les neurones qui seront d’autant plus abimés que le temps et la dose d’exposition dureront longtemps. Et plus on est jeune, plus le cerveau est immature et fragile. L’exemple extrème est celui de la femme enceinte qui boit beaucoup : c'est la 1ère cause de retard mental chez l’enfant.

 

Et quels dégâts produit l’alcool chez les plus grands ?

Il lèse les neurones de telle façon qu’un cercle vicieux va s’établir, rendant le sevrage difficile . En effet, quand on boit, on altère ses fonctions intellectuelles : la mémoire bien sùr, mais aussi la faculté d’évaluer la gravité d’une situation et celle de mettre en route des modifications de comportement. Or pour le Pr Philippe Gorwood, psychiatre à St Anne à Paris, le sevrage nécessite de mettre en jeu ces compétences qui sont, du fait de la maladie,  détériorées. Toute la difficulté du sevrage réside là, et les échecs ne sont pas comme on le croit trop souvent liés à une faiblesse ou à un manque de volonté, mais  bien à la maladie elle-même .

 

Mais est-ce qu’il y a un profil ou des traits de personnalité plus à risque que d’autre ?

Effectivement, toujours d’après le Pr Gorwood , quand on est impulsif , instable, hyperactif, en recherche de sensation, on va être lors du 1er contact avec l’alcool, beaucoup plus intéressé qu'une personne qui n'a pas  ces traits de personnalité. Parce que l’alcool entraîne une légère euphorie, une désinhibition, un sentiment relaxation , donc des sensations très positives, on tendra à les rechercher ultérieurement. Une recherche dangereuse à laquelle ne s’expose aucun autre animal que l’homme L’homme est le seul animal à rechercher l’alcool, tous les autres l’évitant car ils savent que c’est toxique.

 

 

 

Référence :

Journée scientifique 2011 de l’IREB ( Institut de Recherches Scientifiques sur les Boissons / 9 nov 2011/