ACCUEIL > QUESTION D'ACTU > Acné rosacée : boire du café riche en caféine en réduit le risque

Dermatologie

Acné rosacée : boire du café riche en caféine en réduit le risque

Par Charlotte Arce

Consommer du café avec de la caféine est associé à un risque moins élevé d’acné rosacée, une maladie inflammatoire chronique de la peau.

nemchinowa/iStock

Voici une bonne raison de ne pas bouder votre tasse de café du matin. Selon de nouveaux travaux menés par des chercheurs américains, canadiens et chinois, une consommation plus élevée de café (contenant de la caféine) est associée à un risque réduit d’acné rosacée.
Les résultats de l’étude ont été publiés dans la revue en ligne JAMA Dermatology.

Un effet protecteur à partir de 4 cafés par jour

Apparaissant généralement vers 20-25 ans avec un pic aux alentours de 45, la rosacée est une maladie inflammatoire chronique de la peau qui se manifeste par des rougeurs sur le visage, d’abord sur les joues et le nez, puis le front et le menton. À mesure que la maladie évolue, ces rougeurs deviennent permanentes : de petits vaisseaux dilatés (couperose) apparaissent sur les joues et les ailes du nez, ainsi que de petits boutons rouges (papules).

Touchant environ 10% des adultes, surtout ceux ayant la peau et les yeux clairs et une tendance à rougir facilement, la rosacée est parfois vécue comme un véritable drame de par la gêne esthétique et psychologique qu’elle occasionne. D’où le grand intérêt de cette nouvelle étude portant sur les propriétés de la caféine contenue dans le café dans la réduction du risque de rosacée.

Une étude sur la consommation de café

Les auteurs de l’étude ont analysé les données sur la consommation de café, de thé, de boissons gazeuses et de chocolat de 82 737 femmes ayant participé à l’étude II sur la santé des infirmières et infirmiers (NHS II), une cohorte prospective établie en 1989, avec un suivi effectué tous les deux ans entre 1991 et 2005.

Ils ont identifié 4 945 cas incidents de rosacée et se sont aperçus qu’il existait une association inverse significative entre le risque de rosacée et l'augmentation de l'apport en caféine, en particulier celle contenue dans le café. Ainsi, les personnes consommant moins d’une dose de café contenant de la caféine par mois ont un risque de rosacée plus important que celles qui boivent 4 doses de café ou plus par jour.

Pas d’effet pour le thé et le café décaféiné

Comment l’expliquer ? Pour les chercheurs, cela tient aux propriétés mêmes de la caféine, "connue pour diminuer la vasodilatation et avoir des effets immunosuppresseurs, ce qui peut potentiellement réduire le risque de couperose", explique le Dr Suyun Li, épidémiologiste à l’Université de Qingdao, en Chine. La caféine contient également des antioxydants susceptibles d'atténuer l'inflammation. Elle peut enfin moduler les niveaux d'hormones telles que l'adrénaline, la noradrénaline et le cortisol, qui peuvent avoir un impact sur la rosacée. "Cependant, la chaleur dégagée par le café peut être un facteur déclencheur de poussées de rosacée", nuance la chercheuse.

Si la caféine présente dans le café a une incidence sur la rosacée, ce n’est en revanche pas le cas de celle provenant d’autres sources telles que le thé ou le chocolat. Le café décaféiné n’a pas non plus d’effet protecteur. Les auteurs expliquent que l’absence d’effet des sources de caféine autres que le café est probablement due à la faible teneur en caféine absolue de ces aliments et boissons.

"Des études supplémentaires sont nécessaires pour expliquer les mécanismes d'action de ces associations, pour reproduire nos découvertes dans d'autres populations et pour explorer la relation entre la caféine et différents sous-types de rosacée", écrivent-ils.