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Méningites à méningocoques W : les maux de ventre doivent alerter

Une nouvelle étude indique que 10% des patients infectés par des méningocoques W présentent des douleurs abdominales, des symptômes atypiques qui n'alertent pas immédiatement.

Méningites à méningocoques W : les maux de ventre doivent alerter Khosrork / istock

  • Publié 04.05.2018 à 20h00
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Les médecins n’y pensent pas forcément tout de suite, mais 10% des patients infectés par la souche W de méningocoque présentent des douleurs abdominales, selon une nouvelle étude de l'Institut Pasteur et du service de pédiatrie de l'Hôpital Bicêtre AP-HP publiée dans Clinical Infectious Diseases. Un mal de ventre aigu qui conduit parfois les patients à être opérés à tort de l’appendicite.

Pronostic vital engagé

"Face à ces maux de ventre, le médecin ne va pas penser en premier lieu à une infection invasive à méningocoques. On pense plutôt à une gastro-entérite, voire une appendicite", explique Muhamed-Kheir Taha, principal auteur de l'étude et responsable du Centre national de référence des méningocoques (CNRM) à l'Institut Pasteur. "Or si on tarde dans la détection et la prise en charge appropriée des personnes touchées par la maladie, leur pronostic vital peut être engagé. L'infection invasive à méningocoques est une maladie mortelle dans quasiment 100% des cas si l'on n'administre pas rapidement des antibiotiques", insiste-t-il.

Pour lui, il est urgent que les médecins prennent conscience que les douleurs abdominales constituent depuis quelques années une nouvelle manifestation clinique de la maladie. Rappelons que lors des premières 24 heures, une infection à méningocoques se traduit généralement par des maux de tête, des vomissements et une raideur de la nuque. Elle peut aussi donner lieu à des septicémies, des arthrites ou encore des péritonites.

Infection des vaisseaux sanguins irriguant l'abdomen et le système digestif

Les chercheurs ont analysé quelques 12 000 souches de méningocoques, conservées au CNRM entre 1991 et 2016, et étudié les tableaux cliniques des patients infectés par ces souches. Ils ont alors isolé 105 cas associés à des douleurs abdominales, des gastro-entérites ou des diarrhées. "Cela ne représente que 1% des malades, ce qui est peu, même s'il y a forcément une sous-estimation compte-tenu de la difficulté de savoir si les bébés ont mal au ventre, résume Muhamed-Kheir Taha. Mais si l'on se concentre sur les deux ou trois dernières années et sur la souche bactérienne du groupe W qui est arrivée en Europe en 2013-2014 et ne cesse de se développer depuis, on monte à 10% des cas."

Les douleurs abdominales trouveraient leur origine dans l’infection des vaisseaux sanguins irriguant l'abdomen et le système digestif. La piste de la méningite à méningocoques doit être envisagée quand le mal au ventre est associé à des douleurs aux jambes, des maux de tête ou une mauvaise vascularisation des ongles.

Selon les auteurs de l'étude, la proportion des formes abdominales est en augmentation du fait de la propagation d’une nouvelle souche - la souche W - en Europe depuis 2014.

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