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QUESTION D'ACTU

Cancer de la peau

Mélanome : l'immunothérapie, le nouvel espoir en cas de récidive ou de résistance aux traitements

Depuis 5 ans, les médecins relèvent la tête devant le mélanome, ce cancer de la peau responsable de 66 000 décès par an dans le monde. L’immuno-oncologie a bouleversé le pronostic en obtenant des rémissions : ces nouveaux traitements changent le pronostic dans plus de 70% des cas. Que faire pour les 30% chez qui le traitement échoue ?

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  • Publié 16.04.2018 à 19h00
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On dispose de formidables médicaments d'immuno-oncologie qui ont résolu 70% des mélanomes, les cancers de la peau. Ces traitements "boostent" le système immunitaire, qui est souvent modifié par le cancer lui-même, en aidant les soldats de l’immunité que sont les lymphocytes T, à reconnaître et détruire la cellule cancéreuse. Des armes dont les premiers exemplaires datent du début des années 2010 et dont les résultats n'avaient encore jamais été vus en cancérologie. Mais qu'en est-il pour les autres, ceux qui ne répondent pas au traitement ou qui récidivent ?

Les métastases

Par exemple, les mélanomes de stade 3 opérés (c’est-à-dire que l’on a enlevé la tumeur) souvent centrés sur un grain de beauté, ont la très mauvaise habitude de récidiver. Les métastases sont alors impossibles à opérer, parce que trop petites ou trop nombreuses. La médecine ne connaissait pas de traitement dans ces cas souvent dramatiques.

Des chercheurs, en particulier de l’Institut Gustave Roussy à Paris, ont eu l’idée, tout à fait logique, de les traiter avec ces médicaments de l’immunité qui font de véritables miracles au début de la maladie. Lors du congrès de l'American Association for Cancer Research (AACR), un grand congrès Américain qui se tient à Chicago du 14 au 18 avril, le Pr Alexander Eggermont, directeur général de Gustave Roussy, a présenté les résultats de la première étude appliquant cette hypothèse. Les résultats viennent d’ailleurs d’être publiés dans le New England Journal of Medicine, la revue de référence, confirmant l’importance de l’étude.

43% de risque de rechute

Un chiffre illustre les effets de ces nouveaux traitements :  le Pembrolizumab prescrit dans cette forme de cancer diminue de 43% le risque de rechute. Ce qui est, dans cette spécialité, un succès colossal. En clair, après 18 mois de suivi, le taux de survie sans rechute est de 71,4% pour les patients traités par Pembrolizumab, contre 53,2% pour ceux qui ont reçu le placebo. Ce qui induit une nouvelle stratégie de traitement, pas encore autorisée par les autorités de santé : le donner avant même la chirurgie, sans attendre que le cancer ne récidive. Cela peut paraître évident mais impose une vérification qui est en cours.

Des anti-inflammatoires au secours des malades résistants 

Pour illustrer l’incroyable révolution du traitement de ce cancer de la peau, redoutable parce qu’il provoque trop souvent des métastases, il faut ajouter l’expérimentation en cours à Toulouse. Elle a été élaborée à partir d’une théorie différente : aider le système de défense freiné par l'inflammation. Une idée simple et géniale due à deux chercheurs Français.

En effet, parmi les hypothèses de la progression de la maladie, l'une des plus logiques est celle de l’inflammation. En plus de se cacher vis-à-vis des lymphocytes T, la cellule cancéreuse provoque une réaction inflammatoire très violente lorsqu’elle est attaquée, qui a pour conséquence de diminuer la réponse aux médicaments anti-cancéreux. Et c'est là qu'arrive la deuxième famille des médicaments exceptionnels, celle des anti-inflammatoires. L'idée est alors d'associer des médicaments contre les rhumatismes inflammatoires qui portent des noms barbares comme polyarthrite rhumatoïde, spondylarthrite ou encore rhumatisme psoriasique, mais qui ont un résonance admirative chez des centaines de milliers de malades pour qui la vie a complétement changé.

Ce sont les anti TNF alpha. Mais attention, leur puissance va de pair avec les effets secondaires potentiels. Il fallait avoir l'idée puis l'autorisation d'associer la puissance de ces deux traitements. C'est désormais le cas à Toulouse. Le communiqué des deux chercheurs français est clair : ils annoncent, l’essai chez 18 patients de l’adjonction d’un anti-TNF alpha au traitement onco immunologique. Ambition, mais aussi prudence. Ils  nous donnent rendez-vous dans deux ans, pour savoir si l’expérimentation est efficace, sure et donc généralisable à tous les malades atteints de mélanome. Et probablement à terme, à tous ceux qui auront un traitement immuno-oncologique. Un challenge considérable et très attendu de par la qualité du raisonnement et 'excellence de ceux qui l’appliquent : le professeur Nicolas Meyer, le professeur Bruno Ségui et le Professeur Alexander Eggermont.

 

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