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Solidarité

Dépendance des personnes âgées : Agnès Buzyn évoque la mise en place d'une deuxième journée de solidarité

Par Barbara Azaïs

Invitée sur BFMTV et RMC le 12 avril, la ministre de la Santé a évoqué la possibilité de mettre en place une deuxième journée de solidarité pour les personnes âgées dépendantes. 

oneinchpunch /iStock

La France compte à ce jour environ 1,3 million de personnes âgées dépendantes. Un nombre qui pourrait rapidement évolué avec le vieillissement des générations de baby-boomers. Selon l'Insee, la population de plus de 75 ans augmentera de 72% d'ici à 2060, le nombre de plus de 85 ans triplera et le pays pourrait compter 200 000 centenaires, soit 13 fois plus qu'aujourd'hui.

Cette hausse de l'espérance de vie due en partie au développement des techniques médicales et à l'amélioration des conditions de vie impose de trouver de nouveaux financements. Actuellement, la journée de solidarité initiée en 2004 par l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin - sous Jacques Chirac - des suites de la canicule de 2003 qui avait coûté la vie à 15 000 personnes, rapporte entre 2 et 2,3 milliards d'euros. Une somme qui pourrait vite devenir dérisoire.

Une proposition "d'ici la fin de l'année"

Invitée sur BFMTV et RMC jeudi, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a dévoilé une liste de mesures éventuelles pour l'accompagnement au vieillissement, parmi lesquelles la mise en place d'un deuxième jour de solidarité. "On pourrait imaginer avoir deux lundis de Pentecôte travaillés", a-t-elle déclaré. "Les pistes, ce sont évidemment les assurances privées. Il y a aujourd’hui des gens qui ont envie de vendre ce type de modèle (mais)je ne suis pas trop favorable au modèle assurantiel".

Agnès Buzyn a également suggéré "des pistes via l'Ondam", c'est-à-dire les dépenses d'assurance maladie qui consisteraient à "mélanger la partie dépendance et la partie soins dans une seule enveloppe" pour remplacer les "enveloppes séparées" financées actuellement par les départements et la Sécurité sociale. "Je souhaiterais qu'il y ait un débat sociétal, avec notamment les élus", a-t-elle poursuivi, affirmant qu'elle avait l'intention de "proposer une solution d'ici la fin de l'année".

Les Ehpad

Concernant la réforme de la tarification des Ehpad (les établissements d’hébergements pour personnes âgées dépendantes) qui a suscité l'indignation des personnels soignants qui réclament plus de moyens, la ministre a assuré : "Nous sommes en train de trouver une solution pour qu’il n’y ait aucun Ehpad perdant avec la nouvelle tarification. Pendant deux ans, nous allons neutraliser les effets de la réforme, ce qui nous laisse le temps de réfléchir à l’avenir". Et de souligner : "c’est en fait le financement des départements sur la partie dépendance qui posait problème".