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Cancer du pénis : 1 malade sur 4 refuse de se faire amputer et n'est pas traité

Une vaste enquête internationale révèle qu’un homme sur 4 refuse l'amputation totale ou partielle du pénis, alors que cette intervention est la seule à même de doubler ses chances de guérir d’un cancer du pénis. L'amputation total en particulier est une intervention chirurgicale très difficile à accepter pour les hommes. 

Cancer du pénis : 1 malade sur 4 refuse de se faire amputer et n'est pas traité gpointstudio/iStock

  • Publié 19.03.2018 à 17h34
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  • Mise à jour le 20.03.2018 à 08h02
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Le cancer du pénis fait partie des cancers les plus rares. Chaque année, environ un homme sur 100 000 contracte cette maladie en Occident. Cependant, ces dernières années, il touche de plus en plus d’hommes, surtout les hommes âgés. 

Des chercheurs de cinq pays (Italie, Espagne, Etats-Unis, Brésil et Hongrie) ont mené une vaste enquête sur cette maladie. Présentée dans le cadre du 33ème Congrès de l’European Association of Urology, à Copenhague, cette étude révèle qu’un quart des hommes atteints d’un cancer du pénis ne reçoivent pas le traitement ad hoc qui consiste en une amputation partielle ou totale du pénis. 

Choisir la maladie plutôt que la guérison

C'est bien souvent, le malade lui-même qui refuse de bénéficier d’un traitement : « Supprimer partiellement ou entièrement le pénis est souvent le moyen le plus efficace de guérir le cancer, mais pour beaucoup d’hommes cette guérison semble pire que la maladie », affirme l’American Cancer Society. 

« Ne plus avoir d’attribut masculin et guérir », ou « garder son pénis mais rester malade ». Choix cornélien pour ces hommes selon cette étude. Et cette décision peut être lourde de conséquences : 2 fois plus de malades ont survécu à la maladie lorsqu’ils ont eu une amputation partielle ou totale du pénis, selon l’étude. 

Pour mener cette enquête, les chercheurs ont examiné rétrospectivement les dossiers de 425 patients qui avaient été traités entre 2010 et 2016.

Un cancer trop rare

Parfois, cependant, la décision de ne pas opérer vient du médecin. Pas par erreur, mais parce que les professionnels de santé ne connaissent pas assez les manières de soigner ce cancer rare. D’une certaine manière, les patients malades d’un tel cancer ont une perte de chance. Car ils sont face à des médecins et des chirurgiens qui, parfois, n’ont jamais traité cette maladie. 

Il serait donc préférable pour le malade d’aller dans des centres spécialisés. Bien évidemment, il n’y en a pas à tous les coins de rue. Mais, selon l’étude, certains pays gèrent mieux cette situation. Ainsi, au Royaume-Uni, le traitement cancer du pénis est centralisé dans 10 établissements spécialisés. Ce qui augmente donc les chances de survie. 

Reconstruction du pénis

En cas d'amputation partielle, la reconstruction, et différentes techniques associées, permettent d'obtenir un résultat satisfaisant, au moins au plan fonctionnel (miction) et pour les apparences extérieures.

Mais, il est clair que l'amputation totale ou presque totale du pénis retentit directement sur la miction et la sexualité. Elle passe d'autant plus mal que les reconstructions constituent un véritable défi chirurgical et sont uniquement réalisées dans quelques centres très spécialisés. En l'absence de reconstruction, l'homme devra faire pipi assis. La reconstruction pénienne à partir des corps caverneux restant, est toujours tentée en première intention dans les amputation partielle, sinon tout est à réinventer et le processus est long et douloureux.

La greffe a été tentée mais reste très mal supportée, malgré un traitement anti-rejet et immunosuppresseur lourd.

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