ACCUEIL > QUESTION D'ACTU > Hôpital : pas de preuve que le paiement à la performance améliore la qualité des soins

Incitations financières

Hôpital : pas de preuve que le paiement à la performance améliore la qualité des soins

Par Mégane Fleury

Des chercheurs ont étudié l’impact des mesures d’incitation financière sur les hôpitaux américains. Sur une période de dix ans, elles n’ont pas amélioré la qualité des soins.

ByLove/epictura
MOTS-CLÉS :

L’incitation financière est l’une des méthodes choisie par le gouvernement français pour améliorer la qualité des soins hospitaliers. Cette méthode de réforme et de gestion existe dans de nombreux pays occidentaux depuis un certain temps.
Des chercheurs se sont intéressés aux résultats objectifs de ce genre de techniques de gestion qui sont utilisées depuis 10 ans aux Etats-Unis. Les hôpitaux soumis à une incitation financière n’avait pas de meilleurs résultats que les autres. L'étude a été publiée dans le British Medical Journal.http://www.bmj.com/content/360/bmj.j5622

Une comparaison sur dix ans

Les résultats de leur recherche sont parus dans le British Medical Journal. Elle a été menée sur 10 ans, entre 2003 et 2013, dans 1189 hôpitaux américains. Cette longue durée d’étude a permis de mesurer de manière plus précise les bénéfices réels de ce programme.
De fait, les autres études menées restaient limitées par un temps de recherche trop court, donc les hôpitaux n’avaient pas nécessairement eu le temps de mettre en place les réformes structurelles attendues.

Des taux de mortalité similaires

Les chercheurs se sont intéressés pour cette comparaison à deux types d’hôpitaux, ceux qui ont adhéré au programme d’incitation financière entre 2003 et 2009, les précurseurs, et un deuxième groupe, qui ceux qui ont adhéré à un second programme d’incitation financière, implanté à partir de 2011. Cela permet de tester les résultats à long terme de ce genre de méthode.
Les deux groupes d’hôpitaux avaient un taux de mortalité à peu près similaire (14,9% pour ceux qui ont commencé le programme au début, 14,8% pour ceux qui l’ont entamé en 2011). En 2013, ce taux était similaire pour les deux groupes d’hôpitaux : 9,9%.
Le fait d’être « payé à la performance » n’améliore pas objectivement le fonctionnement de l’hôpital, ni la qualité des soins proposés, même lorsque ces programmes sont proposés sur une longue période. Les chercheurs mettent cependant en avant le fait que les incitations financières étaient peu élevées.

Peut-être trop peu élevées pour que les hôpitaux puissent avoir un intérêt réel changer leur mode de fonctionnement.