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Rougeur, stress, timidité

La timidité, un problème qui s’améliore avec l’âge

Par le Dr Jean-François Lemoine

La timidité n’est pas une maladie et c’est un état s’améliore, voire qui se soigne, mais sans médicaments.

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Les enquêtes réalisées montrent, en général, que plus de la majorité des personnes se considèrent comme timides, ou l’ont été dans le passé. Mais la timidité-maladie, cela concernerait un Français sur 20 ! C’est beaucoup… En plus, dans environ un cas sur deux, cette timidité devient paralysante.

Qu’est ce qui provoque  la timidité?

JFL : La timidité est avant tout basée sur une appréhension de l’inconnu ou de la « première fois ». Une situation qui n’est pas familière provoque la timidité. Comme de nombreuses personnes timides évitent ces situations pour ne pas se sentir mal à l'aise, la situation reste étrangère pour toujours, et la timidité se perpétue.

C’est une notion un peu flou mais il existe des degrés qui vont d’une timidité légère à une timidité-maladie qui handicape tous les rapports. Il faut donc éviter les théories générales, qui tendraient à banaliser pour tout le monde les conséquences psychologiques et comportementales de la timidité.

La timidité maladie, cela concerne un Français sur 20 ! C’est beaucoup… En plus, dans environ un cas sur deux, cette timidité paralysante que les psychiatres appellent « phobie sociale » favorise l’apparition d’états dépressifs, et assez fréquemment l’usage de drogues : alcool, tabac ou cannabis…

L’éducation joue-t-elle un rôle ?

JFL : Il est prouvé qu'un caractère plus ou moins « renfermé » provient aussi du milieu dans lequel l'enfant a été élevé, et pas seulement de ses gènes. Un enfant timide face aux personnes inconnues, par exemple, peut finalement perdre cette timidité par la suite.

Les timides ne ressentent pas forcément le même degré de timidité envers toutes les personnes. Par exemple, un très bon présentateur radio peut être un timide invétéré dès qu’il quitte le micro. Et on connaît dans notre métier des acteurs pleins d'audace sur scène et qui se révèlent timides dès qu’on les interviewe.

On dit que la timidité n’est pas un défaut ?

JFL : Ce sont ceux qui ne sont pas timides qui le disent : les personnes timides tendent à percevoir leur propre timidité comme un défaut, et nombre d'entre eux sont mal à l'aise à cause de cela. Mais c’est vrai que beaucoup de personnes timides sont perçues comme des oreilles attentives, et qui réfléchissent davantage avant de parler. De ce point de vue, c’est plutôt un avantage.

On devient aussi moins timide en vieillissant. La timidité diminue donc avec l’âge et les expériences de la vie.

En dehors de l’âge, on la soigne comment ?

JFL : Il ne faut, dans un premier temps, absolument pas parler de médicaments. Il existe des thérapies dites comportementales très éprouvées. Il s’agit d’apprendre à gérer ses peurs et à affronter plus sereinement les situations sociales. On peut essayer en séances individuelles classiques, mais aussi en groupe pour un « entraînement » sous forme de jeux de rôle à plusieurs. Malheureusement ces thérapies ne sont pas accessibles partout en France. Et ce n’est pas le seul problème car lorsque l’angoisse est très forte, la démarche est parfois impossible au début. Ce n’est que ces cas difficiles que l’on pourra utiliser les médicaments.

Des médicaments sont-ils utiles contre l’anxiété ?

JFL : Non, et surtout pas les anxiolytiques qui ont fait de notre pays le premier des consommateurs mondiaux. Ces médicaments peuvent réduire momentanément le niveau d’angoisse mais au prix d’effets secondaires et d’un risque de dépendance, sans réelle modification des peurs sur le fond.

Est-ce que rougir est la conséquence de la timidité ?

JFL : Non, la cause est le stress plutôt que les situations embarrassantes. Celui qui rougit est plus stressé que gêné. Le cœur s’accélère, nos différents vaisseaux augmentent de calibre afin d'apporter plus de sang pour suivre cette accélération du pouls.

Les vaisseaux du visage étant très superficiels, quand ils augmentent de calibre, ils deviennent visibles à travers la peau sous cette couleur rougeâtre : c’est ce qui fait le charme des amoureux ....

On estime que 10 % des Français en souffrent de façons excessive.