ACCUEIL > QUESTION D'ACTU > Des britanniques modifient l’ADN d’un embryon

Crispr/Cas9 

Des britanniques modifient l’ADN d’un embryon

Par Antoine Costa

En identifiant les gènes impliqués dans le développement embryonnaire, les chercheurs du Francis Crick Institute de Londres espèrent améliorer les chances de FIV.

frenta/Epictura

La fécondation in vitro (FIV) est utilisée depuis les années 1970. Mais son efficacité n’est pas encore au rendez-vous. Seuls la moitié des embryons atteignent une semaine et, au final, ce ne sont que 13 % des embryons conçus par FIV qui dépassent les trois mois de grossesse.

Pour améliorer ces statistiques, des chercheurs britanniques du Francis Crick Institute de Londres (Royaume-Uni) se sont lancés dans un projet : éditer tous les gènes suspectés d’être impliqués dans les premiers stades du développement embryonnaire, pour observer leur impact.

Un premier gène identifié

« Pour trouver le rôle d’un gène dans le développement embryonnaire, on peut regarder ce qu’il se passe lorsqu’il ne fonctionne pas », explique le Dr Kathy Niakan, qui a dirigé les recherches. Les chercheurs ont alors utilisé la technique des « ciseaux moléculaires », CRISPR/Cas9, pour modifier l’un de ces gènes, OCT4.

Au cours des premiers jours de développement d’un embryon, après la fécondation de l’ovule par un spermatozoïde, la cellule initiale opère des divisions successives. Au bout d’une semaine, il ressemble à une boule, appelée blastocyste, contenant environ 200 cellules.

En inactivant le gène OCT4, les chercheurs se sont aperçus que l’enveloppe de ce blastocyste ne se développait pas correctement. « Nous avons été surpris de voir à quel point ce gène était crucial pour le développement humain », explique le Dr Norah Fogarty, auteure principale de l’étude.


Développement interrompu à droite (Francis Crick Institute)

Pour la FIV et la compréhension des fausses-couches

« C’est un résultat de recherche excitant et important, se réjouit Sir Paul Nurse, directeur de l’Institut Francis Crick. L’étude a été menée dans les limites des réglementations, et offre une perspective nouvelle sur les processus biologiques en jeu lors des cinq ou six premiers jours du développement embryonnaire. »

La suite des opérations : répéter le même processus avec les autres gènes suspectés. « Si nous connaissions les gènes clé responsables du développement correct ou non d’un embryon en bonne santé, nous pourrions apporter des améliorations à la FIV, mais aussi aux raisons pour lesquelles les grossesses peuvent échouer », ajoute le Dr Niakan.

Au Royaume-Uni, il est possible d’effectuer des expériences sur les embryons pendant les 14 jours après la fécondation, du moment qu’ils n’ont pas été implantés.