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Dans le monde

Un décès sur cinq est lié à une mauvaise alimentation

Par Antoine Costa

Les maladies non transmissibles et chroniques représentent 72 % des 55 millions de décès annuels. Les régimes alimentaires et le tabac sont en grande partie responsables.

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Les ouragans et les autres catastrophes naturelles, Ebola, Zika et les maladies infectieuses nous inquiètent et font la une de l’actualité. Même si certaines maladies comme la tuberculose, le paludisme ou le sida font encore près (ou plus) d’un million de morts par an chacun, ce sont loin d’être les principales causes de mortalité dans le monde.

Celles-ci sont beaucoup plus proches de nous. Et la plupart se trouvent dans nos assiettes. Le régime alimentaire serait en effet responsable de presque un décès sur cinq dans le monde en 2016, d’après le dernier rapport sur la mortalité mondiale du Global Burden of Disease Study, publié dans le Lancet.

Le cœur avant le reste

Le rapport, rédigé en collaboration avec plus de 2 500 chercheurs de 130 pays, fait le point sur les causes de mortalité dans le monde. Les maladies non transmissibles, les maladies chroniques comme le diabète ou les incidents cardiaques sont responsables, d’après leurs estimations, de 72 % des décès dans le monde.

Les maladies cardiaques, à elles seules, auraient tué près de 10 millions de personnes, sur 55 millions. C’est la principale cause de décès dans le monde, et dans la plupart des pays.

Une grande partie peut être attribuée à l’alimentation, d’après les chercheurs. Les régimes pauvres en céréales complètes, en fruits, en noix et en graines, en huiles de poisson et, à l’inverse, trop riches en sucres et en sel, augmentent les risques, en contribuant à l’obésité, à l’hypertension artérielle, aux glycémies élevées et au cholestérol.

Des vies parties en fumée

Le danger est donc dans nos assiettes, mais aussi dans nos poches. La nutrition est le deuxième facteur de risque, derrière le tabac. Il serait responsable de la mort de 7,1 millions de personnes en 2016 (13 % du total des décès). En troisième position : la pollution. Environ 11 % des décès mondiaux pourraient lui être attribués.

Le rapport souligne également quelques informations plus réjouissantes. Globalement, l’espérance de vie a fortement progressé au cours des 40 dernières années. En 1970, elle était de 58 ans. En 2016, elle s’est établie à plus de 72 ans. Les Japonais dominent le classement, avec 84 ans. De l’autre côté, elle dépasse à peine les 50 ans en République Centrafricaine.

L’évolution de quelques chiffres inquiète encore. Entre 2015 et 2016, la proportion de personnes mal nourries a augmenté pour la première fois en plus de 15 ans, pour atteindre 11 % de la population mondiale. Ensuite, celui de la violence. Le nombre de décès causés par les conflits et le terrorisme a plus que doublé depuis 2006.