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Prévention du sida : l’efficacité de la PrEP en vie réelle mesurée

Pendant trois ans, l’Agence nationale de recherche sur le sida surveillera l’impact de la prévention dans la capitale sur 3 000 volontaires.

Prévention du sida : l’efficacité de la PrEP en vie réelle mesurée UN Geneva/epictura

  • Publié 26.06.2017 à 07h19
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Nous sommes à Paris, en 2030. Le sida a disparu. Dans la capitale française, plus aucun cas de VIH ne se déclare. Ce qui est encore de la fiction pourrait bien devenir une réalité. Car la ville lumière veut mettre fin aux nouvelles contaminations. L’objectif est ambitieux, mais assumé. Et la région Île-de-France a emboîté le pas à la capitale.

Un travail de titan sera nécessaire pour y parvenir. Chaque jour, 7 Franciliens découvrent leur séropositivité. Pour épauler le programme « Vers Paris sans sida », l’Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites (ANRS) s’est donc engagée. Afin de surveiller l’évolution de l’épidémie, elle a lancé plusieurs projets. Parmi eux, PREVENIR, qui évalue l’impact de la prophylaxie pré-exposition (PrEP).

Horizon 2020

Prendre des antirétroviraux en prévention d’une contamination constituera peut-être le pivot de la lutte contre le virus. Cette stratégie, qui complète les approches préventives habituelles, est susceptible de freiner considérablement l’épidémie. C’est en tout cas ce qu’a suggéré l’essai Ipergay, qui a permis l’autorisation officielle du Truvada en prévention du VIH.

La PrEP réduit le risque d’infection par le VIH de 86 %. Prise correctement, elle offre une protection encore plus élevée. Mais qu’en est-il en vie réelle ? C’est ce que devra montrer le programme PREVENIR, qui a déjà recruté 150 personnes depuis son lancement, en mai 2017.


Au total, 3 000 personnes devraient intégrer l’essai pour une durée de trois ans. « Il a pour objectif de documenter l’évolution de la prévention diversifiée chez les hommes qui ont des rapports sexuels avec les hommes (HSH) sur la ville de Paris, les obstacles que nous rencontrons », résume le Pr François Dabis, directeur de l’ANRS. Et pourquoi pas, dans le meilleur des scénarios, montrer que cette approche plus large améliore l’efficacité des campagnes.

Une approche globale

Les participants à PREVENIR auront donc deux choix : utiliser la PrEP en schéma continu – avec un comprimé par jour – ou selon le schéma testé et approuvé en France – deux comprimés avant le rapport sexuel à risque, un autre 24 heures après et un dernier 48 heures après.

Mais l’essai ne se concentrera pas uniquement sur la PrEP. Il évaluera aussi l’impact de la « prévention diversifiée ». Cela inclut, bien sûr, le Truvada en prévention, mais aussi l’ensemble des autres méthodes de prévention – usage du préservatif, dépistage fréquent, prise en charge systématique…

« Le VIH n’est qu’une affection sexuellement transmissible parmi d’autres, rappelle le Pr Dabis. Les HSH sont très affectés par diverses IST. » C’est pourquoi une offre globale de santé sexuelle est nécessaire.

Ecoutez...
Pr François Dabis, directeur de l’ANRS : « On n’opposera pas la PrEP à toutes les offres de prévention. Il faut à la fois proposer du dépistage conjoint et une prise en charge cohérente. »
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Des populations oubliées

Contrairement à l’essai Ipergay, plus restreint, PREVENIR veut cibler l’ensemble des personnes à risque de transmission du VIH. « Les HSH constituent le cœur de cible », concède François Dabis. Mais ils ne seront pas seuls.

Les travailleurs du sexe et les transgenres auront aussi la possibilité de rejoindre le groupe de suivi. « Les transgenres sont peu étudiés mais on sait qu’ils sont très affectés par les IST, souligne le directeur de l’ANRS. La prévention, y compris l’usage de la PrEP, est très réduite. Il y a là un véritable enjeu. »


L’enjeu est d’autant plus élevé qu’à l’heure actuelle, l’immense majorité des bénéficiaires de la PrEP sont des hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes. Les autres populations à haut risque, comme les migrants d’Afrique subsaharienne ou les transgenres, ne se rendent pas dans les hôpitaux qui proposent ces consultations. Un échec que devra surmonter l’équipe coordinatrice de « Vers Paris sans sida ».

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