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QUESTION D'ACTU

Combattre l'usage récréatif

Codéine : l'ANSM veut revoir les modalités de délivrance

L’Agence de sécurité du médicament a lancé un travail de lutte contre le détournement récréatif de la codéine. Avec  des mesures restrictives à la clé.

Codéine : l'ANSM veut revoir les modalités de délivrance photographee.eu/epictura

  • Publié 10.06.2017 à 08h49
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Quand le médicament devient une drogue. Depuis le début de l’année, la défonce médicamenteuse a tué deux adolescents. Au rang des victimes, Pauline, 16 ans, dont l’histoire est rapportée dans les colonnes du Parisien. Trois autres cas graves de détournement de codéine ont été signalés aux centres français de pharmacodépendance. Tous étaient mineurs.

Le dossier est pris très sérieusement à l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Il faut dire que la crise, originaire des Etats-Unis, a récemment pris de l’ampleur.

La défonce à moindres frais

En 2016 déjà, 15 cas d’abus de codéine ont été signalés, ainsi que des demandes suspectes auprès des professionnels de santé. Garçons comme filles sont concernés, mais ce sont toujours des adolescents, signalait alors l'institution.

Pourquoi la codéine ? D’abord parce que la molécule est disponible sans ordonnance en pharmacie, pour un prix dérisoire. Planer à peu de frais, voilà qui risque d’attirer les budgets serrés des adolescents. Ensuite, « les effets recherchés dans l'usage récréatif sont ceux des opiacés : bien être, euphorie, apaisement, créativité », explique le forum Psychoactif.

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Des réunions régulières

L'Agence a mis en place une étude, dirigée par le centre de pharmacodépendance (CEIP) de Lille (Nord). Ses experts seront chargés d’étudier le détournement des médicaments aux effets psychoactifs. Les conséquences sanitaires de ce mésusage feront aussi l’objet d’une attention particulière, précise l’ANSM contactée par Pourquoidocteur.

En parallèle, des commissions de l’Agence se réunissent régulièrement pour échanger sur les solutions possibles. Autrement dit, comment limiter l’accès des populations les plus vulnérables – les jeunes – tout en maintenant une facilité d’achat pour ceux qui en ont besoin. La question est cruciale, car il s’agit d’empêcher les usages récréatifs.

Outre les réflexions, l’ANSM a mis en place un calendrier de travail, qu’elle ne souhaite pas communiquer. La solution la plus simple consisterait à placer tous les produits contenant de la codéine sous ordonnance obligatoire. Mais d’autres pistes sont à l’étude.

Des défonces plus fréquentes

Trancher dans un sens plus strict sera, sans conteste, nécessaire. Car les cas de détournements font de plus en plus les gros titres. Dernier cas en date, le « purple drank », directement importé des Etats-Unis. Après un passage en pharmacie, les adolescents français se préparent un cocktail médicamenteux, à base de sirop antitussif et de sodas. Résultat : une défonce peu coûteuse d’une jolie teinte violette.

Dès 2016, l’ANSM a interpellé les professionnels de santé, leur demandant de faire preuve de prudence. Dans la même veine, l’usage récréatif d’anti-vomitifs a été dénoncé.

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