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Epidémiologie

Allergie alimentaire : les crustacés tiennent la première place

Par Anne-Laure Lebrun

Près de 4 % de la population seraient atteints d'allergies alimentaires ou d'intolérances. Les femmes et les Asiatiques seraient les plus touchés. 

Gorilla/epictura

Œuf, lait, poisson, cacahuètes… Depuis plusieurs années, les experts alertent sur la hausse constante des allergies alimentaires et des intolérances. Une tendance confirmée par une nouvelle étude parue dans The Journal of Allergy and Clinical Immunology. Celle-ci rapporte également que la sévérité des ces allergies se renforce.

Ces travaux menés par une équipe du Brigham and Women Hospital (Etats-Unis) se sont appuyés sur les dossiers médicaux de plus de 2,7 millions de patients ayant consulté un médecin entre 2000 et 2013. Tous ces malades ont réalisé des analyses de sang afin de réaliser des dosages d’IgE, marqueur de l’allergie.

Au total, 97 500 personnes ont été identifiées comme allergiques ou intolérantes à au moins une substance, soit 3,6 % de la population étudiée. La prévalence de ces troubles apparaît plus importante chez les femmes que les hommes (4,2 % contre 2,9 %) et chez les participants originaires d’Asie.

13 000 allergiques à l'arachide

Cette étude pointe également les aliments les plus allergisants. Les crustacés et les mollusques représentent les causes d’allergies les plus fréquemment rencontrées. Viennent ensuite les fruits ou les légumes, les produits laitiers et les cacahuètes.

Pour ce dernier aliment, les chercheurs indiquent que 13 000 patients ont déjà rapporté une réaction allergique ou une intolérance à l’arachide. Plus de 7 000 d’entre eux ont souffert d’urticaire, d’anaphylaxie (réaction grave qui peut conduire au décès), de gonflement, ou de démangeaisons.
Des symptômes graves qui ont cependant mené peu de malades à consulter. Selon les auteurs, seulement un patient sur cinq a vu un allergologue.

Ils soulignent également que le nombre d’allergologues aux Etats-Unis est en deçà des besoins. Avec 7 000 spécialistes, les patients sont obligés d’attendre plusieurs semaines pour avoir un rendez-vous. Or faute de suivi, l’allergie peut s’aggraver et être très contraignante.