ACCUEIL > QUESTION D'ACTU > Cancer du poumon : les cigarettes light sur le banc des accusés

Cancer du poumon : les cigarettes light sur le banc des accusés

Par Stéphany Gardier

Le « light » aurait-il finalement été un véritable fléau pour la santé publique ? Les résultats s’accumulent depuis plusieurs années pour montrer comment les boissons édulcorées – initialement développées pour les personnes diabétiques – ont nourri l’épidémie d’obésité. C’est au tour des cigarettes dites « light » de se retrouver sur le banc des accusés.

Selon une étude américaine, parue dans la revue du National Cancer Institute, dont le site 20 Minutes se fait l’écho, les cigarettes estampillées « light », voire « ultra-light », auraient largement contribué à l’épidémie de cancers du poumon qui sévit depuis une cinquantaine d’années. C’est aujourd’hui la première cause de cancer en France comme dans le monde.

Apparues il y a quelques dizaines d’années, ces cigarettes contiennent moins de nicotine que les cigarettes classiques. Et comme boire un soda light peut donner bonne conscience, fumer « light » peut amener à penser que l’on prend moins de risque pour sa santé. Erreur ! « Cela a été conçu pour leurrer les fumeurs et les responsables de la santé publique », accuse le Dr Peter Shields, directeur adjoint du centre de recherche sur le cancer de l’université d’Ohio, l’un des principaux auteurs de cette étude.

Si la nicotine est à la source de l’addiction au tabac, ce sont les goudrons et les produits de la combustion qui contribuent en grande partie au développement des cancers pulmonaires. Or, des cigarettes moins chargées en nicotine poussent le fumeur à inhaler plus profondément pour obtenir sa dose de nicotine.

Les cigarettes light présentaient également des filtres modifiés, plus ventilés, qui auraient aussi permis aux particules fines et autres toxines de pénétrer plus profondément dans les bronches. « L’analyse de nos données suggère clairement un lien entre le nombre de trous ajoutés dans les filtres des cigarettes et un accroissement du taux d’adénocarcinomes du poumon au cours des 20 dernières années », souligne le chercheur, cité par 20 Minutes.

Argument marketing de poids, l’appellation « light », comme d’autres tendant à valoriser les cigarettes (« fines », « légères », « doux », « Gold », etc), est interdite par une directive européenne, que Marisol Touraine, ex-ministre de la Santé, a fait transposer dans le droit français, quelques mois avant la fin de son mandat.

Les femmes étant les principales cibles de ces produits, elles ont sans doute été les principales victimes du marketing des cigarettiers. Comme le rappelle l’Institut national du cancer (INCa) sur son site, alors que le nombre de cancers du poumon a commencé à décroître chez les hommes, il explose chez les femmes. Le nombre de nouveaux cas diagnostiqués chaque année a été multiplié par 7 en 30 ans…