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21 personnes infectées

Libéria : une maladie mystérieuse fait douze morts en dix jours

Par Audrey Vaugrente

21 personnes ont développé une infection encore inconnue au Libéria. En l'espace de 10 jours, la maladie a tué 12 personnes. Il ne s'agit pas du virus Ebola.

U.S. Agency for International Development

Victime malheureuse d'Ebola, le Libéria est de nouveau sous le coup d'une épidémie. Cette fois, l'origine de la maladie est inconnue. En l'espace de 10 jours, 21 personnes ont contracté une infection aux symptômes classiques : fièvre, vomissements, maux de tête et diarrhée. Le caractère exceptionnel de l’affection réside dans son identité, encore inconnue. Les autorités sanitaires ne sont pas parvenues à mettre un nom sur la maladie.

 

Ni Ebola, ni Lassa

L'étrange flambée a commencé à Greenville, le long de la côte libérienne, à 6 heures de voiture de la capitale Monrovia. Depuis le 24 avril, une vingtaine de personnes a développé les symptômes de cette maladie. 12 d’entre elles sont mortes. La plupart des patients sont retournés chez eux après une brève hospitalisation.

Les équipes de soin se sont montrées prudentes lors de leur prise en charge. C’est équipés d’une tenue de protection complète que les soignants se sont rendus au chevet de leurs patients. Il s’agit, en effet, de limiter les risques d’une propagation similaire à celle du virus Ebola. L’épidémie, qui a fait rage au Libéria, s’est terminée en juin 2016 après avoir fait plus de 11 000 morts.

Forts de cette expérience, les hôpitaux du pays ont réalisé des prélèvements sanguins et les ont analysés. « Nous sommes certains qu’il ne s’agit pas d’Ebola », a affirmé le porte-parole du ministère de la Santé, Sorbor George, lors d’un point presse. Une infection à virus de Lassa a aussi été exclue. Ces mêmes échantillons seront envoyés à Atlanta (Etats-Unis), où se situe le siège des Centres américains pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC). Les équipes y auront la mission d’identifier l’agent pathogène en circulation.

Des enterrements à haut risque

Dans l’attente de résultats, les autorités libériennes ne prennent aucun risque. Elles ont identifié toutes les personnes entrées en contact avec les malades. Une équipe d’intervention sanitaire a aussi été déployée sur le terrain, afin d'enquêter sur les causes de cette flambée. Une piste se distingue déjà : de nombreux patients ont assisté aux funérailles d’un chef religieux. Une personne infectée par la suite a assisté aux obsèques d'un des premiers patients décédés.

L’épidémie d’Ebola a déjà montré le risque élevé de contamination lors des enterrements. Alors que les cadavres sont encore très contagieux, les rites funéraires impliquent un lavage des corps. Une voie de propagation toute trouvée. L’Organisation Mondiale de la Santé avait, à l’époque, demandé aux communautés de privilégier les enterrements sécurisés. Ce conseil s’applique toujours.