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Observance, prise de rendez-vous...

Pharmaciens : les Français veulent leur confier plus de missions

Par Bruno Martrette

Les Français voudraient davantage s'appuyer sur le pharmaciens, selon une enquête. Ces professionnels sont disposés à faire évoluer leur métier.

bensib/Epictura

A l’occasion du salon PharmagoraPlus (1), Satispharma et Opinion Way ont réalisé une photographie unique de la profession de pharmacien (2). Comme le souligne le parrain académique de cette étude, Xavier Pavie, professeur à l’ESSEC Business School, « nous disposons du chemin à prendre pour construire le métier du pharmacien du XXIème siècle et qui à l’évidence sera l’acteur de santé prioritaire ». C'est en tout cas ce que semblent demander les Français.

A leurs yeux, le pharmacien reste aujourd’hui le premier recours de soin des patients. 96 % d'entre eux  estiment qu’avoir une pharmacie de proximité est indispensable, même si « 43 % des 18-24 ans sont prêts à acheter leurs médicaments sans ordonnance sur Internet auprès de pharmacies françaises agréées ».

Agir sur l'observance 

Et les consommateurs  sont prêts à aller plus loin dans la relation avec ce professionnel de santé. Si la proportion des patients observants laisse à désirer, ils n’en sont pas moins ouverts à un certain nombre de services délivrés par leur pharmacien pour les éduquer.

La quasi totalité des patients chroniques lui font ainsi confiance pour les aider à bien prendre leur traitement (99 %). De plus, 2 patients chroniques sur 3 trouveraient utile d’avoir un entretien de 15 minutes avec leur pharmacien dans le cadre de l'observance thérapeutique. Les « non observants sont les plus positifs vis-à-vis de ce service », précisent les enquêteurs.

Un professionnel « sous-exploité »

« Nous souhaitons faire évoluer notre métier en phase avec nos patients et leurs préoccupations quotidiennes », indique Olivier Berthelemy, pharmacien d’officine à l’origine du projet et fondateur de Satispharma. Contacté par Pourquoidocteur, il se dit favorable à ce que le pharmacien se lance dans ces missions visant à améliorer l'observance des patients.

Et la liste des attentes du public à l'égard des pharmaciens ne s'arrête pas là. 68 % d'entre eux trouveraient utile, en cas d’hospitalisation prévue, d’avoir un entretien de quinze minutes avec leur pharmacien pour répondre à leurs questions et préparer leur retour à la maison. Mais surtout, un patient sur deux est intéressé pour confier à sa pharmacie la prise de rendez-vous avec les autres professionnels de santé (médecins généralistes, infirmiers, spécialistes…). C'est original.

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Olivier Berthelemy, pharmacien d'officine : « le pharmacien est le professionnel de santé le plus sous-exploité du parcours de soins....»


Les seules voies de survie 

Pour Xavier Pavie, l’avenir de la pharmacie est donc « plein de promesses ». Selon lui, trois atouts sont conférés sans conteste à l'officine. « Tout d’abord la crédibilité que la population française lui octroie à juste titre, l’expérience que le pharmacien a acquis depuis plusieurs décennies au contact de tous, enfin la proximité qu’il détient grâce à un maillage inégalable ».

Ce dernier va même jusqu'à conclure que dans un environnement de plus en plus complexe, de plus en plus concurrencé, « l’expérience patient, la qualité de service, le positionnement, la satisfaction client sont les clés pour construire son futur; ce sont même vraisemblablement, les seules voies de survie », conclut-il.  

Le nombre de fermetures d’officines ne cesse en effet d'augmenter sur l’ensemble du territoire, et en particulier autour du Massif central, des Alpes et en Poitou-Charentes d'après le panorama démographique 2015 de l’Ordre national des Pharmaciens. 1 000 officines ont ainsi fermé en dix ans.

(1) PharmagoraPlus, le rendez-vous des pharmaciens se tiendra du 11 au 12 mars 2017, Porte de Versailles à Paris http://www.pharmagoraplus.com/

(2) L’étude Avenir Pharmacie(2) a été réalisée par Satispharma et Opinion Way auprès de 4043 patients, 521 pharmaciens et 197 équipes officinales(3) entre le 20 janvier et le 17 février 2017.