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Jeu vidéo

Pokémon Go : l'activité physique a finalement peu augmenté

Par Anne-Laure Lebrun

La chasse au Pokémon a bien amélioré l'activité physique des milliers de joueurs à travers le monde, mais de façon modérée, et sans se maintenir dans le temps. 

Nate Pesce/flickr

L’été dernier, il était impossible de ne pas les croiser dans les rues. Tête baissée, regard rivé sur leur smartphone et le pouce averti, les chasseurs de Pokémon étaient partout. Près de 500 millions de personnes à travers le monde ont téléchargé le jeu sur leur téléphone et ont avalé des kilomètres pour attraper des Carapuce, Pikachu ou Salamèche.

A l’époque, tout le monde – la rédaction de Pourquoidocteur la première – avait salué un effet inattendu de Pokémon Go : les sédentaires s'étaient mis à marcher. Car bouger est le prérequis de ce jeu vidéo qui combine géolocalisation et réalité virtuelle pour capturer ces créatures imaginaires. Mais l’engouement est vite retombé, à en croire une étude publiée dans l’édition de Noël du British Medical Journal. Si l’activité physique des joueurs s’est améliorée, la chasse aux trésors les a vite ennuyés et ils sont revenus aux bons vieux jeux vidéo accessibles depuis leur canapé.


La ferveur est retombée

Les chercheurs de la prestigieuse université d’Harvard (Etats-Unis) ont en effet montré que l’effort fourni par les chasseurs était modéré, et surtout, n’avait pas été maintenu dans le temps. Pour aboutir à ces résultats, les scientifiques ont suivi plus de 1 100 personnes âgées de 18 à 35 ans pendant 6 semaines. Au cours de l’expérience, près de la moitié est devenue dresseur de niveau 5, ce qui signifie qu’ils avaient marché au moins deux heures pour attraper des Pokémon.

Au cours de l’étude, l’équipe a observé une nette augmentation du nombre de pas lors de la 1ère semaine. Les participants ont ainsi effectué 955 pas de plus qu’habituellement, équivalents à 11 minutes d’activité physique supplémentaires par jour.

Mais au fil du temps, la ferveur des chasseurs est retombée. Ils se déplaçaient de moins en moins pour dénicher leurs créatures, jusqu’au moment où leur nombre de pas est revenu à son niveau d’origine.


Bon pour le psychisme

Malgré ces résultats un peu décevants, les chercheurs restent optimistes. « Ce que nous avons découvert est excitant, car nos résultats montrent qu’en 6 semaines, il est possible de faire beaucoup de choses pour améliorer l’activité physique, souligne Eric Rimm, l’un des auteurs. Nous avons juste à être plus créatifs pour trouver comment faire bouger les gens ».

Les chercheurs supposent également que l’effet du jeu pourrait être différent chez les enfants. Chez ces derniers, les bénéfices pourraient être bien plus larges, comme la création de liens sociaux, ainsi que l’amélioration de l’humeur. Une hypothèse qui rejoindrait ce qu’expliquaient des psychologues et pédopsychiatres à Pourquoidocteur : Pokémon Go est un loisir bon pour la santé psychique des chasseurs en herbe.