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Présidentielle 2017

François Fillon : "Pas question de pénaliser une personne qui a une addiction"

Les 7 candidats à la primaire de la droite et du centre répondent aux questions de Pourquoidocteur. L'ex-Premier ministre, François Fillon, ouvre la série.

François Fillon : \ CHAMUSSY/SIPA

  • Publié 04.10.2016 à 06h56
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Alors que la primaire de la droite et du centre pour l'élection présidentielle se déroulera les 20 et 27 novembre prochains, l’heure du premier des trois débats télévisuels approche à grands pas. D’une durée fleuve de 2h30, il aura lieu le 13 octobre sur TF1, RTL, Public Sénat et LCI. Il verra s’affronter les sept compétiteurs en lice sur les thèmes du chômage et de la sécurité. Et quid de la santé ?

Dans un récent sondage, 69 % des Français font de ce thème un élément majeur de la campagne. Et presque la même proportion des interrogés considère que les positions des candidats sur la politique de santé seront déterminantes dans leur choix.
Pour répondre aux attentes des futurs électeurs, la rédaction de Pourquoidocteur a interrogé tous les candidats en leur posant les mêmes questions.
Le premier à délivrer son ordonnance pour l’avenir du système de santé français est l’ancien Premier ministre François Fillon. L’homme de la Sarthe est souvent présenté comme le 3ème homme dans les sondages, derrière Alain Juppé et Nicolas Sarkozy. Ouverture de la PMA, prise en charge de l'innovation thérapeutique, déserts médicaux, il répond à toutes nos questions. 

La collectivité ne pourra plus prendre en charge le coût des médicaments innovants. Doit-on consacrer un budget spécifique à la prise en charge de ces thérapies, et comment le financer ?
François Fillon
: Les laboratoires pharmaceutiques développent en s’appuyant sur la recherche académique des médicaments d’actions inédites qui constituent une véritable rupture thérapeutique. Il faut s’en réjouir. Le corollaire de « innovant » dans le domaine est aujourd’hui « onéreux » et la question de la soutenabilité à terme pour notre système de santé des dépenses induites est effectivement posée. Que le budget soit spécifique, sanctuarisé ou non, il pèsera de la même façon sur l’ensemble des dépenses.
Ce qui importe est de définir avec les industriels le juste prix. Plusieurs éléments pourraient être pris en compte : une part de l’économie des dépenses réalisées, le nombre d’années de vie gagnées en prenant en compte la qualité de vie du malade traité et la part du chiffre d’affaire du laboratoire transféré à sa R&D. N’oublions pas de plus que le soutien à la recherche et à l’innovation française est indispensable afin de garder notre souveraineté sanitaire.
 

Médicament
Ce qui importe est de définir avec les industriels le juste prix.


Les complémentaires Santé s’engagent dans un modèle d’assurance à la carte. Faut-il encourager financièrement les assurés qui ont une bonne hygiène de vie (alimentation, activité physique, etc.) et/ou pénaliser ceux qui prennent des risques (alcool, tabac, etc.) ?
François Fillon : Notre santé est notre bien le plus précieux. Bien souvent, nous n’avons cependant pas conscience de sa fragilité. L’éducation à la santé est en ce sens un enjeu majeur. Elle doit débuter dès le plus jeune âge. Faut-il néanmoins aller au-delà et responsabiliser les assurés à avoir une bonne hygiène de vie ? Oui, et les mesures financières incitatives sont un levier. 
En revanche, il n'est pas question de pénaliser une personne qui présente une addiction que ce soit au tabac, à l’alcool ou autre. La réponse est plus médicale que financière. Ajoutons néanmoins que dans la lutte contre le tabagisme l’augmentation du prix du paquet de cigarettes reste l’action la plus efficace.

 

Prise en charge
Il n'est pas question de pénaliser une personne qui présente une addiction.


L’hôpital doit à la fois concilier l’excellence médicale avec ses missions sociales. Compte tenu des contraintes budgétaires, la tarification à l’activité (T2A) vous paraît-elle adaptée à cette double exigence ?
François Fillon : Les établissements de santé, qu’ils appartiennent aux secteurs public ou privé, que ce dernier soit à but lucratif ou non, doivent présenter une excellence médicale en termes de qualité et sécurité. C’est une exigence de notre système de soin.
Les établissements public et privé à but non lucratif mènent de plus effectivement des actions de santé publique et d’innovation qui comprennent notamment la prise en charge de patients en situation de précarité. Ces actions sont financées par les dotations MIGAC, Missions d’Intérêt Général et Aide à la Contractualisation, dont le montant est discuté annuellement.
Rappelons cependant que l’hôpital public est en crise. Les personnels soignants sont harassés par des conditions de travail difficiles en partie liées à des postes non pourvus, aux 35 heures hospitalières, au manque d’attractivité des carrières hospitalières et à des tensions parfois violentes avec certains malades et leurs proches. Un plan hospitalier national est à mettre en œuvre.

 

Déserts médicaux
Il faut des mesures financières incitatives favorisant l'installation des médecins.


Un généraliste sur quatre ne sera pas remplacé d’ici 2025. Comment comptez-vous lutter contre les déserts médicaux ?
François Fillon : C’est une situation paradoxale. S’il n’y a jamais eu autant de médecins formés en France, le temps médical disponible n’a jamais été aussi faible. La relève ne veut plus travailler 60 heures par semaine et je les comprends. Les médecins sont noyés sous la paperasse. Les charges administratives représentent de l’ordre de 15% d’une journée d’un médecin. La généralisation du tiers payant ne va pas arranger les choses ! Il faut aider les praticiens à constituer un secrétariat médical, il faut des mesures financières incitatives favorisant leur installation.
Enfin, un chiffre est très surprenant : alors que l’université forme 7 500 nouveaux médecins par an, près de 2000 (25 %) ne s’inscrivent pas au Conseil de l’Ordre. Comprendre pourquoi ces jeunes médecins n’exercent pas est essentiel car ils peuvent être une réponse à nos territoires sous-dotés en particulier. C’est d’autant plus essentiel quand 85% des inscrits en 1ère année de médecine ne serons pas reçus en deuxième année.

Procréation médicalement assistée
La République ne peut délibérément faire naître des enfants sans père.


Dans un manifeste, des médecins français ont reconnu avoir aidé des couples lesbiens et des femmes seules à recourir à la PMA à l’étranger. Peut-on continuer à la réserver aux couples hétérosexuels ?

François Fillon : Certains médecins orientent leurs patientes vers des centres d’Assistance Médicale à la Procréation (AMP) hors de nos frontières. Les couples de femmes et les femmes seules savent s’adresser directement à des centres d’AMP à l’étranger.
Je me suis exprimé dans mes propositions Familles et Solidarités sur l’accès à l’AMP. L’AMP est une réponse médicale à des couples de sexe différents confrontés à une infertilité médicale. 
La République ne peut délibérément faire naître des enfants sans père. L’intérêt de l’enfant doit prévaloir. En revanche, il est nécessaire de savoir accueillir les enfants nés alors qu’ils n’ont aucune responsabilité dans l’origine de leur naissance et de leur donner une stabilité juridique, stabilité qui ne passe pas cependant par l’adoption plénière.

Demain retrouvez notre entretien avec Bruno Le Maire  

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