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QUESTION D'ACTU

Dr Christophe Prudhomme

Violence à l’hôpital : "Il faut revoir les conditions d'accueil des patients"

ENTRETIEN - Toutes les 30 minutes, un personnel des hôpitaux est agressé en France. L’urgentiste Christophe Prudhomme propose des solutions. 

Violence à l’hôpital : \

  • Publié 01.09.2016 à 13h32
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Plus de 18 000 membres des hôpitaux français ont été victimes d’agressions diverses en 2014, d'après le dernier rapport de l’Observatoire national des violences en santé (ONVS). Les services de psychiatrie et les urgences sont les principaux théâtres de ces violences. Et un chiffre est particulièrement marquant : toutes les 30 minutes, l’hôpital est touché par une violence. Principalement des injures (37 %) envers ses personnels même si les menaces physiques ne sont pas si rares (15 %). Les patients, visiteurs et accompagnants sont, à une majorité écrasante, les principaux auteurs des violences.
Face à ce constat inquiétant, des solutions existent, explique le Dr Christophe Prudhomme. Urgentiste à l’hôpital Avicenne de Bobigny (Seine-Saint-Denis), ce médecin refuse la fatalité et appelle à une vraie transformation de l’hôpital.

Etes-vous inquiet de la violence à l’hôpital ?
Dr Christophe Prudhomme : La violence est un problème de société. Elle augmente dans les relations quotidiennes à l’hôpital parce qu’il y a de la souffrance avec des gens qui ont de plus en plus de difficultés socio-économiques. Leur première réaction, parfois, est de s’exprimer avec de la violence verbale voire physique quand ils sont mécontents. Et à l’hôpital, ils ont beaucoup de raisons de l’être.

Où trouve-t-on des défaillances ?
Dr Christophe Prudhomme : Les patients rencontrent beaucoup de difficultés dans leur prise en charge hospitalière. Cela commence dès l’entrée dans l’hôpital avec des conditions d’accueil inadaptées dans les services. Les gens considèrent qu’ils sont mal reçus. Par exemple, bien souvent, ils n’ont aucune possibilité d’avoir des informations sur le membre de leur famille qui vient d’arriver, sur la durée d'attente, etc. Ils ont l’impression qu’on se moque d’eux. Certains d'entre eux vivent même ça comme une agression et répondent par une agression.

Faut-il davantage sécuriser l’hôpital ?
Dr Christophe Prudhomme : La sécurisation de l’hôpital,  nous n’en voulons pas. Les personnels pensent que c’est une mauvaise idée. Nous ne sommes pas dans un aéroport où il faut se suréquiper en moyens humains de protection. Je vous l’assure, la question n’est pas de mettre des barrières et des portiques dans les hôpitaux. La question, c’est comment on fait pour diminuer le seuil de violence dans les hôpitaux sans en faire une forteresse, source de tensions supplémentaires.

Quelles solutions préconisez-vous ?
Dr Christophe Prudhomme
 : Nos locaux sont inadaptés. Nous demandons depuis 20 ans trois filières d’accueil à l’hôpital. Une pour les gens couchés, une autre pour les gens debout et une troisième pour les patients potentiellement dangereux (malades psychiatriques, patients agités amenés par la police, etc). La dernière doit être complètement isolée des deux autres et davantage sécurisée.
Il faut aussi que la police arrête de nous amener des patients menottés et qu'elle les place dans la salle d’attente aux côtés des autres patients. Par ailleurs, nous voulons un bouton poussoir qui permet de faire venir des effectifs de police rapidement et en nombre. Enfin, il faut un personnel formé à l’hôpital, qui sait réagir face à une personne violente. Cela s’apprend. Mais malheureusement, nous n’avons aucun temps et aucun moyen pour cela.

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