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Efficace contre les crampes des règles

Alzheimer : un antidouleur pour limiter la perte de mémoire

Par Mathilde Ledieu

Des chercheurs ont montré qu’un un anti-inflammatoire utilisé couramment peut inverser la perte de mémoire chez des souris atteintes de la maladie d’Alzheimer.

SIphotography/epictura

Depuis des décennies, les chercheurs travaillent pour la contrer et réduire ses effets de la maladie d’Alzheimer. Une étude parue dans Nature Communications montre l’efficacité d’un médicament déjà utilisé comme analgésique dans la perte de mémoire liée à Alzheimer.

L’acide méfénamique, un anti-inflammatoire non-stéroïdien, est prescrit notamment pour les crampes douloureuses des règles. Des chercheurs de l’université de Manchester ont étudié l’effet de cette molécule sur des souris génétiquement modifiées pour développer la maladie d’Alzheimer.
Grâce à une mini-pompe sous la peau, la moitié des 20 rongeurs a reçu de l’acide méfénamique pendant un mois, l’autre moitié un placebo. Cette substance inactive est destinée à comparer les effets d’un traitement en dehors de son aspect psychologique. Ils ont observé chez celles réellement traitées une inversion complète de la perte de mémoire, avec des capacités de rappel identiques à celles des souris non-malades.

 

Inflammation du cerveau

L’acide méfénamique cible la voie pro-inflammatoire NLRP3 - connue pour endommager le cerveau - en réduisant l’inflammation dans l’encéphale. Or « il y a des preuves expérimentales qui suggèrent très fortement que l’inflammation dans le cerveau empire la maladie d’Alzheimer », explique David Brough, l’auteur principal de l’étude.

C’est la première fois également qu’une recherche se penche sur cette voie, et celle-ci prouve combien elle est importante dans cette affection. Des études supplémentaires sont nécessaires pour vérifier que la molécule agit de la même façon sur les humains.
Une demande d’essai de phase 2 est d’ailleurs déposée pour obtenir une preuve de concept. En cas de succès de ces premières étapes, il faudra encore au moins une dizaine d’années pour mettre au point un médicament sûr, dont 6 à 7 ans d’essais cliniques.

Mais comme la molécule est déjà utilisée dans d’autres indications thérapeutiques, l’autorisation de mise sur le marché pourrait intervenir plus rapidement. Une bonne nouvelle car la maladie d’Alzheimer touche 900 000 personnes en France, dont 225 000 nouveaux diagnostics chaque année, selon le ministère de la Santé. Les auteurs de l’étude rappellent toutefois que, comme tout médicament, l’acide méfénamique a des effets secondaires, parmi lesquels des nausées, diarrhées, vertiges, ou encore de l’insuffisance cardiaque. Il convient donc de ne pas l’employer contre les symptômes de la maladie d’Alzheimer avant que les études n’aient validé l’efficacité et la sécurité de la molécule pour cette indication.