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Coup d’état manqué

Turquie : les hôpitaux militaires visés par la purge

Par la rédaction

Des mandats d’arrêts ont été émis à l’encontre d’une centaine de membres du personnel de l’hôpital militaire d’Ankara.

Kayhan Ozer/AP/SIPA
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En Turquie, la purge se poursuit, deux semaines et demi après la tentative avortée de putsch. Elle atteint à présent les hôpitaux militaires ; près d’une centaine de professionnels à Ankara font l’objet d’un mandat d’arrêt, rapporte un responsable turc cité par l’AFP.

Ces personnes, parmi lesquelles figurent plusieurs médecins, travaillent à l’hôpital Gulhane, le plus grand des trois hôpitaux militaires que compte la capitale. Des raids de la police étaient en cours à la mi-journée dans l’établissement, destinés à trouver les personnes visées par ces mandats, précise la télévision privée NTV. On ignore si des arrestations ont eu lieu.
 

Un lieu « crucial »

Ces mandats d’arrêt ont été délivrés dans le cadre de la vaste purge menée en Turquie depuis le coup d’Etat manqué le 15 juillet contre le président Recep Tayyip Erdogan, qui a été imputé par Ankara aux sympathisants du prédicateur exilé aux Etats-Unis Fethullah Gülen. Celui-ci a démenti toute implication.

Le responsable a ajouté que le personnel hospitalier visé par les mandats était soupçonné d’avoir permis l’entrée de sympathisants de Gülen dans l’armée et leur rapide progression dans la carrière militaire avec des rapports médicaux de complaisance. « Le GATA (Gulhane Military Medical Academy) est crucial parce que c’est là que les bilans de santé et d’aptitude au service sont établis », a-t-il expliqué.

Jusqu’ici la purge menée sous l’état d’urgence a conduit à 10 000 détentions, visant notamment des membres de la justice, de l’éducation et de la presse. Le secteur de la santé avait semblé être épargné mais un récent décret a transféré la tutelle du GATA et des autres hôpitaux militaires turcs de l’armée au ministère de la Santé.