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QUESTION D'ACTU

Isabelle Adenot, présidente de l'Ordre

Clause de conscience : "Les pharmaciens doivent appliquer les lois sur la contraception"

L'Ordre des pharmaciens est accusé de vouloir introduire une clause de conscience sur la contraception dans le nouveau code de déontologie. Sa présidente, Isabelle Adenot, réfute et rappelle son attachement aux droits des femmes.  

Clause de conscience : \ GILE MICHEL/SIPA

  • Publié 20.07.2016 à 18h27
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Dans un communiqué publié mardi, le Conseil National de l'Ordre des Pharmaciens (CNOP) se défend de vouloir introduire une clause de conscience sur la contraception dans le nouveau code de déontologie. Alors que la toile s'enflamme depuis plusieurs jours sur ce sujet, l'institution explique que le texte (l'article R. 4235-18) ne concerne que la fin de vie. Un message qui n'est pas passé au vu des protestations qui se poursuivent.

Ce mercredi, l'association Osez le Féminisme dit par exemple s’insurger « contre cette proposition contraire aux libertés des femmes, et en demande le retrait immédiat  ». Même malentendu avec Laurence Rossignol, des Droits des Femmes qui écrit : « Si cette consultation était suivie d’effet, elle ouvrirait clairement la possibilité pour des pharmaciens de refuser de délivrer la contraception d’urgence, la pilule, le stérilet ou même le préservatif ». Contactée par Pourquoidocteur, Isabelle Adenot, présidente du CNOP, a tenu à mettre les choses au clair face à ces accusations.

Quels sont les actes concernés par cette clause de conscience ?
Isabelle Adenot : Les débats à l'Ordre ont porté essentiellement sur la fin de vie. Qu'on le veuille ou non, on ne peut pas occulter ce débat qui a lieu dans la société actuelle. Aujourd'hui, il est donc aussi sur la table des pharmaciens. Et l'article de la polémique est clair, il s'agit ici du décès, de l'euthanasie, et non pas de contraception. Je suis désespérée que par des raccourcis, nous en sommes arrivés à une véritable désinformation. Ces dispositions sont en plus rangées au milieu d'autres articles sur la fin de vie. Elles ont donc été sorties de leur contexte. Y compris au sommet de l'Etat avec la ministre des Droits des Femmes, Laurence Rossignol. 
 

Comprenez-vous le malentendu avec les internautes ?
Isabelle Adenot : En tant que pharmacienne, je rappelle que le préservatif est là pour protéger la vie et non pas pour y porter atteinte. Il ne tue pas. Concernant la pilule, son mode de fonctionnement est clair. Elle n'attente pas non plus à la vie. Pareil pour la pilule du lendemain puisque son mode d'action est de décaler l'ovulation. C'est d'ailleurs pour ça que, malheureusement, des femmes qui la prennent tombent quand même enceintes. Enfin, pour les IVG médicamenteuses, c'est un usage professionnel. Le médecin peut venir la chercher en pharmacie et il ne s'agit en aucun cas d'une ordonnance à une patiente.

Quelle est la position de l'Ordre sur la délivrance de la contraception ?
Isabelle Adenot : A partir du moment où le président d'un Ordre régional a porté plainte récemment contre un pharmacien en Gironde refusant de vendre des contraceptifs par conviction religieuse, je ne peux pas être plus claire sur ce sujet. De plus, je rappelle que l'Ordre a écrit de nombreuses lettres à des pharmaciens pour leur rappeler que la pilule du lendemain était obligatoirement gratuite pour les mineurs de moins de 18 ans. Vous trouverez tout cela dans la lettre et le journal de l'Ordre. Et dans des missives adressées nominativement à des pharmaciens. Il y a des lois et des texte sur la contraception en France, et l'Ordre des pharmaciens est là pour les faire appliquer. 

 

 

 

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