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Avis de la commission de pharmacovigilance: Les médicaments antirhume soumis à prescription médicale

Par Philippe Berrebi

La Commission nationale de pharmacovigilance recommande que les médicaments antirhume contenant des vasoconstricteurs ne soient plus en vente libre et fassent l'objet d'une prescription médicale.

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Va-t-on devoir passer par son médecin pour acheter des médicaments anti-rhume ? C'est en tout cas ce que préconise la Commission nationale de pharmacovigilance (1), structure sous l'autorité de l'Agence du médicament. Dans un avis rendu il y a quelques jours, la Cnpv recommande que les décongestionnants renfermant un vasoconstricteur en particulier ceux administrés par voie orale  fassent l'objet d'une prescription médicale et ne soient plus en vente libre en pharmacie. En clair, il s'agit de produits très courants utilisés pour désengorger le nez et plus largement la sphère ORL comme Actifed-Rhume, Dolirhume ou Nirofen rhume. La Commission voulait même les interdire totalement mais cette décision aurait été rejetée au niveau européen, confie un menbre de la Cnpv.

Ce sont les résultats d'une enquête menée  entre 2007 et 2011 par le Centre de pharmacovigilance de Midi-Pyrénées qui ont pesé dans l'avis de la Cnpv. Il faut éviter d'utiliser ces médicaments contenant de la pseudoéphédrine  « dont le risque est inacceptable au vu de la pathologie » , rappelait récemment l'auteur de l'étude le Dr Emmanuelle Bondon-Guitton. Le rapport bénéfice/risque serait défarorable. Déjà  en avril dernier,  le centre de Toulouse avait relevé que l'effet vasconstircteur de la molécule augmentait, pour dans les formes orales, le risque d'infarctus du myocarde et d'accident vasculaire cérébral.  

De son côté, le 15 décembre 2011, l'Agence de sécurité du médicament (Ansm)  faisait un rappel du bon usage de ces produits vasoconstricteurs à la suite d'évènements survenues au cours de l'année.
« Depuis le 1er janvier 2011, écrivait l'Ansm dans cette note, 15 cas graves d'effets indésirables cardiovasculaires ou  neurologiques ont été enregisrés (...)  » . Dans 25% des cas, les recommandations n'étaient pas respectées. La posologie journalière doit être respectée, rappelait l'Agence, la durée du traitement ne doit pas excéder cinq jours, il est potentiellement dangereux de faire des associations avec deux de ces médicaments. En outre, ces produits sont contre-indiqués pour les enfants de moins de quinze ans et les personnes ayant des antécédents cardiaques on neurologique. Mais l'Ansm n'aavait pas augmenté son niveau d'alerte.

Aujourd'hui, l'Agence du médicament réitère ses recommnadations de bon usage mais « n'envisage  pas pour le moment d'appliquer de façon générale et indifférenciée cette mesure à l'ensemble des vasconstricteurs ». Mais elle pourrait être appliquée, précise l'Ansm, « à certaines spécialités faisant l'objet d'un usage détourné». Une atttitude de bon sens, plaident plusieurs spécialises, qui font valoir les avantages ces produits au regard des risques mineurs. D'autres estiment que cette décision de  l'Ansm repose sur des considérations plus finacières. Soumettre ces médicaments anti-rhume à une prescription médicale coûterait au moins 21 millions d'euros à la sécurité sociale !

 (1) La Commission nationale de pharmacovigilance a pour missions d’évaluer les informations sur les effets indésirables des médicaments et de donner un avis au directeur général de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (Ansm) sur les mesures à prendre pour faire cesser les incidents et accidents qui se sont révélés liés à l’emploi de ces médicaments et produits.