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Le sport intensif abîme le coeur

Par le Dr Sophie Lemonier

Il faut de la modération en tout ! C’est du bon sens, mais on aurait pu croire qu’avec le sport on pouvait se lâcher !
Et bien non ! Boire, manger ou faire du sport, c’est pareil : il faut consommer avec modération. On aurait pu croire que le sport ou plutôt l’activité physique échappait à cette règle, mais une étude vient de montrer qu’il n'en est rien : activité physique ou sport, point trop n’en faut !

Mais pourtant tous les médecins ne cessent de répéter que pratiquer une activité physique est bon pour tout.
Oui je ne vais pas revenir sur ce point qui fait l'unanimité, à savoir qu’un exercice 4 à 5 fois par semaine, de 30 à 40 mn est excellent pour la santé cardiovasculaire et la santé en général. Mais certains médecins allaient au-delà et pensaient que courir des marathons immunisait contre les attaques cardiaques. Mais force est de le reconnaître : un exercice trop poussé et pratiqué très régulièrement  comme des marathons ou des semi-marathons produit des contraintes insupportables pour le cœur, même si le risque de s’écrouler au cours d’un tel exercice est faible : il ne ne dépasse pas 1 décès pour 200 000 participants.

Donc quelle est la durée idéale pour la santé d’une activité physique ?
Une étude a permis de répondre à cette question :elle a suivi 416 000 adultes pendant 8 ans en moyenne et a montré que 40 à 50 mn d’exercice vigoureux et quotidiens diminue le risque de décès d’environ 40%. Ce n'est pas tout : pour ces durées, on observe aussi une diminution du nombre de maladie d'Alzheimer, de maladie des coronaires, de diabète, d’ostéoporose  et même de dépression.

L'activité physique est donc bien le médicament universel  !
Oui mais seulement lorsque l'activité dure  40mn en moyenne. Mais cette même étude montre aussi qu’aller au-delà de de 45 mn, n’apporte aucun bénéfice supplémentaire et abime le cœur.

Et que se passe-t-il au niveau du cœur ?
On a vu se produire des microdéchirures sur le muscle cardiaque qui se réparent si on reste au repos pendant la semaine suivante. A la longue, des troubles du rythme peuvent apparaitre comme une fibrillation auriculaire qui est trois fois plus fréquente chez les anciens marathoniens que dans la population tout venante. Les plaques d’athérosclérose ont aussi été retrouvées agrandies  dans les coronaires des marathoniens réguliers. En un mot trop de sport, tue le cœur .

 

Référence
Run for your life … at a comfortable speed and not too far