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Dépenses de santé

Les Français freinent leur consommation de médicaments

Par Philippe Berrebi

Pour la première fois, l'assurance maladie enregistre une stabilité dans la croissance des dépenses des médicaments. La maîtrise médicalisée et les génériques expliquent ce résultat.

DURAND FLORENCE/SIPA

L'assurance maladie (Cnam) se frotte les mains.  Pour la première fois, le taux de croissance des dépenses de médicaments délivrés dans les pharmacies a connu en 2011 une quasi-stabilité (+ 0,2%). "Ce résultat, souligne le document de la Cnam, illustre la baisse continue de la croissance du poste médicaments, dont le taux annuel oscillait entre 7% et 9% au début des années 2000. 

Alors, les Français en auraient-il fini avec cette image d'accrocs aux médicaments ? Non, tempère la Cnam, "la France reste en tête des dépenses de médicaments par habitant" parmi les 8 principaux européens. 
Mais ce coup de frein n'est pas seulement de circonstance, il est l'aboutissement de plusieurs facteurs. D'abord, avec l'aide de la sécurité sociale, les pouvoirs publics ont mis en place depuis plusieurs années des actions de "maîtrise médicalisée" des dépenses de santé. En clair, le prescrivez mieux, prescrivez moins a fonctionné. Et l'assurance maladie n'hésite pas à parler "de prise de conscience réelle par les prescripteurs et les patients".

Si des claisses thérapeutiques ont connu des baisses de volume importantes, comme les anti-osptéoporotiques (-8,9%)  ou les anti-rhumatismaux (-6,3%), le gouvernement a également mené une politique de révision à la baisse des prix des médicaments. Autre levier qui donne ses premiers résulats, la tendance qui consiste pour les médecins à reporter leurs prescriptions vers des médicaments plus récents mais plus chers se ralentit.

Enfin, les génériques ont apporté leur pierre à cet édifice de la consommation. Non seulement, d'importants médicaments, comme les anti-cholestérols sont passés dans le domaine public et donc sont génériqués. Mais surtout, les campagnes de sensibisation à la délivrance par les pharmaciens et à la consommation par les usagers des génériques ont fonctionné. Le taux de substitution dans l'officine a atteint 82,4% et gagné 10 points en second semestre 2012 en raison de l'accord tiers payant contre générique.