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Entre 1995 et 2010

Trois fois moins de morts par infarctus en France

Par Afsané Sabouhi

Les progrès de la prise en charge et le recours plus rapide au Samu ont permis en quinze ans de réduire de manière importante le nombre de décès par infarctus. Une bonne nouvelle pour l'ouverture à Paris des Journés européennes de cardiologie.

Le pronostic vital de l’infarctus, qui touche 100 000 Français chaque année, ne cesse de s’améliorer. Selon les derniers chiffres présentés aux Journées européennes de la Société française de cardiologie (JESFC), à Paris, nous sommes passés d'un taux de mortalité de 13,7% dans les 30 jours suivant l’infarctus en 1995 à 5% en 2010. Ces données proviennent du registre FAST-MI qui observe régulièrement depuis 1995 qui sont les Français victimes d'infarctus et comment ils sont pris en charge où qu'ils se trouvent sur le territoire.

Ces informations permettent notamment d'affiner les messages de prévention. Ainsi, les spécialistes alertent de plus en plus les femmes fumeuses sur les risques qu'elles font courir à leur coeur car depuis 15 ans, l'évolution la plus marquante est l'augmentation de la proportion des femmes de moins de 50 ans parmi les victimes d'infarctus. L'infarctus a encore trop l'image d'une maladie d'hommes alors que les femmes ont aujourd'hui adopté elles-aussi un mode de vie à haut risque d'infarctus : alimentation riche en graisses, tabagisme et manque d'activité physique.

 

En revanche, les nouvelles sont bonnes du côté de la prise en charge et les infarctus sont 3 fois moins meurtriers qu'il y a 15 ans. Les techniques qui permettent de déboucher rapidement les artères coronaires obstruées ont beaucoup progressé. 4 patients sur 5 bénéficient aujourd’hui d’une angioplastie. L’artère bouchée est dilatée progressivemment à l’aide d’un petit ballon gonflable pour y déposer un ressort, un stent, qui la maintient ouverte. Ce geste technique est pratiqué dans les unités de soins intensifs cardiologiques, des centres spécialisés désormais répartis sur tout le territoire.

 

Pr Nicolas Danchin, cardiologue à l’hôpital européen Georges Pompidou, Paris : “Presque tous les patients arrivent maintenant dans des centres spécialisés “


 

Les progrès dans la prise en charge de l’infarctus proviennent aussi des patients qui reconnaissent mieux les premiers symptômes et appellent les secours plus rapidement. Mais seul un patient sur 2 appelle directement le 15, qui est la meilleure porte d’entrée pour une prise en charge optimale. Beaucoup perdent encore de précieuses minutes en appellant d’abord leur médecin généraliste, qui se charge d’appeller le Samu. Or on estime qu’une minute de gagnée, c’est 10% de chance de survie en plus.
 

Pr Nicolas Danchin : “Un patient sur deux appelle moins d’une heure et quart après le début des symptômes “


 

 

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