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Essais cliniques

Dépression : des tests sanguins pour évaluer l’efficacité des traitements

Par Caroline Delavault

Élaborés par des chercheurs londoniens, des test sanguins pourraient évaluer l’efficacité des traitements chez les patients atteints de dépression.

Epictura/Fotoquique

Des chercheurs du très réputé King’s College de Londres ont élaboré un test sanguin pouvant appréhender l’efficacité des traitements antidépresseurs chez les patients. En attendant la confirmation par des essais cliniques, ces tests sanguins parvenant à détecter le « degré de l’état dépressif » des patients, pourraient à terme conduire à des prises en charge thérapeutiques personnalisées. Dans leurs travaux, publiés dans la revue International Journal of Neuropsychopharmacology, les auteurs expliquent comment deux biomarqueurs permettent de mesurer l’efficacité des antidépresseurs classiques.   

Pour obtenir leur premiers résultats encourageants, les chercheurs ont évalué l’inflammation du sang après la prise de traitements antidépresseurs chez deux groupes de patients atteints de dépression. Précédemment, certaines études avaient démontré que plus les niveaux d’inflammation dans le sang étaient importants, plus la dépression était aiguë.

Les chercheurs ont ciblé deux biomarqueurs - la macrophage migration inhibitrice (MIF) et l’interleukine (IL). Ces derniers sont capables de mesurer l’inflammation présente dans le sang. 
Les deux biomarqueurs utilisés par les chercheurs permettent également de connaître le développement de nouveaux neurones dans le cerveau et ils renseignent également sur la mort de cellules liée au stress dit « oxydatif ». Ces cellules surviennent lorsque l’organisme produit du stress en trop grande quantité, et qui, par voie de conséquence, entraîne les symptômes dépressifs..

 

L’inefficacité des traitements antidépresseurs  

Après avoir rassemblé leurs données, les chercheurs ont observé que, pour 100 % des patients, les traitements classiques, très généralement prescrits, n’amélioreraient pas l’état général des dépressifs. Le niveau d’inflammation dans le sang n’avait pas évolué. Une observation qui remet en question l’efficacité des médicaments.
Cependant, les auteurs suggèrent que les patients ayant eu un seuil en dessous de l’inflammation pourraient avoir recours aux traitements classiques. Leurs résultats indiquent également la nécessité de revoir la prise en charge thérapeutique des patients ayant un niveau d’inflammation au dessus du seuil moyen. La combinaison d’antidépresseurs et d’anti-inflammatoires pourrait donc être envisagée pour certains patients.