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QUESTION D'ACTU

Préparation physique

Euro 2016 : la recettes des Bleus pour limiter les blessures

ENQUÊTE – Pour aborder l’Euro dans les meilleures conditions, les équipes mettent en place une organisation bien maîtrisée pour maximiser les performances et réduire au maximum les risques de blessure.

Euro 2016 : la recettes des Bleus pour limiter les blessures Thibault Camus/AP/SIPA

  • Publié 14.05.2016 à 07h50
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La saison 2015-2016 est longue pour les Bleus. Antoine Griezmann et Raphaël Varane ne la termineront en club que le 28 mai, à l’issue de la finale de la Ligue des champions avec leurs équipes madrilènes respectives. Pour d’autres, les fins de championnats et de coupes nationales peuvent les mobiliser jusqu’au 21 mai. Ils n’auront donc que quelques jours pour se reposer avant le début de l’Euro 2016, le vendredi 10 juin à 21 heures, pour le coup d’envoi du match contre la Roumanie.

Ces deux à trois semaines de trêve seront, en plus, comblées par un stage en altitude, à Innsbruck (31 mai-4 juin), entouré par deux matchs amicaux contre le Cameroun et l’Ecosse. Un calendrier chargé, mais dont le rythme n’est pas innocent, comme l’explique à Pourquoidocteur Sébastien Lopez-Guia, président de l’Association des préparateurs physique du football professionnel (PFP). « Il y a une période de régénération mais la compétition étant très proche, il ne faut pas que l’influx redescende. On ne peut pas se permettre de couper complètement. »

Des activités aérobies – c’est à dire d’une intensité relativement faible ne nécessitant pas d’effort respiratoire ou musculaire particulier – aident la régénération. « Ils vont sans doute faire du vélo pour privilégier l’effort en décharge (pas le poids du corps sur les articulations, genoux, hanches, chevilles : ndlr) », ajoute Sébastien Lopez-Guia.

La personnalisation comme maître-mot

Ces activités s’accompagnent en général de séances plus spécifiques. « Il est important de garder un travail de renforcement musculaire, fonctionnel qui permet aux joueurs de conserver leur amplitude de travail et leur tonicité. Il faut garder une sollicitation nerveuse qui fait que le muscle reste en éveil, prêt à réagir lorsqu’on va lui appliquer une charge de travail plus intense », détaille le spécialiste.

Pour adapter au mieux le travail à effectuer avant le début de la compétition, mais aussi pendant, l’équipe médicale programme des soins personnalisés. « Selon l’âge du joueur, les minutes de jeu qu’il a effectuées sur les deux ou trois semaines précédentes, les soins sont adaptés, précise Sébastien Lopez-Guia. En période de compétition, il peut n’y avoir que la moitié du groupe sur le terrain à l’entraînement. L’autre moitié est traitée de manière individuelle, avec les kinés et les préparateurs physiques, ou certains sont placés au repos complet. »

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Un jeu collectif

La mise en place de ces soins personnalisés passe par une bonne articulation des différents éléments du staff technique et médical. « En général, il y a une consultation entre la prépa physique, les kinés et les médecins. Chacun apporte ses arguments, et il y a souvent une surveillance à l’effort », ajoute Sébastien Lopez-Guia.

Pendant les entraînements et les matchs, les joueurs portent en effet des systèmes GPS et de surveillance des fonctions cardiaques, pour évaluer leurs déplacements et les efforts, notamment excentriques (qui correspondent aux actions de freinage, particulièrement traumatisantes). De petits appareils peuvent analyser une goutte de sang prélevée au bout du doigt pour évaluer les taux de CPK ou d’acide lactique, qui sont deux indicateurs de fatigue résiduelle.

Les réunions d’après-match sont aussi importantes, car elles permettent de programmer les deux ou trois jours qui précèdent la rencontre suivante. Ces données sont associées à une discussion directe avec le joueur, qui évalue subjectivement son propre effort en lui attribuant une note entre 0 et 10, mais aussi son sommeil et ses douleurs éventuelles.

Si le joueur a subi des chocs importants et présente des hématomes, une médication pourra être prescrite. Mais pour les douleurs sportives classiques, « on bénéficie d’une grande variété de produits qui font qu’on n’a pas besoin de médicaments, indique M. Lopez-Guia. Le Berocca ou le Guronsan par exemple étaient assez habituels dans les vestiaires il y a quelques années, mais ils ont disparu ». De nombreuses molécules saines pour la santé sont autorisées par les agences anti-dopage. Notamment des gels contenant de la taurine, de la caféine, et des éléments nutritifs.

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