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QUESTION D'ACTU

84 jours à 45 °C

Analyses sanguines : des protéines de soie pour conserver les échantillons

Quand la chaîne du froid est compliquée à assurer, les médecins pourraient utiliser des protéines de soie pour conserver les échantillons sanguins, jusqu’à 45 °C.

Analyses sanguines : des protéines de soie pour conserver les échantillons Wellcome Images/Flickr

  • Publié 11.05.2016 à 12h12
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La récolte d’échantillons sanguins n’est pas toujours évidente dans des régions reculées, notamment dans les campagnes africaines. Un produit de la recherche en biotechnologies de l’université Tufts (Etats-Unis) pourrait bien faciliter le travail des humanitaires. En utilisant des protéines de soie, ils sont parvenus à garder des échantillons de sang intacts pendant 84 jours, conservés jusqu’à 45 °C. Ils publient leurs résultats dans la revue PNAS.

La protéine de soie appelée fibroïne est extraite de cocons de vers à soie, est purifiée et ajoutée aux échantillons, dont l’eau est extraite. Ils sont alors encapsulés pour être transportés, sans précaution supplémentaire. Pour effectuer les analyses, il suffit ensuite de les dissoudre dans l’eau.

Dans un laboratoire d’analyses, la conservation à température ambiante ne dépasse pas les 24 heures, et certains produits sanguins doivent être maintenus à 4, -18 voire -80 °C. Ici, les chercheurs ont conservé ces « films de sang » à des températures comprises entre 22 et 45 °C. L’ajout de protéines de soie a conservé les marqueurs biologiques, que les chercheurs ont pu analyser avec succès.

« Servir les populations isolées »

« Cette approche devrait faciliter la récolte de sang, et donc le diagnostic et la surveillance épidémiologique, chez les patients en dehors des établissements de soins, explique David Kaplan, professeur au département d’ingénierie biomédicale à l’université Tufts, qui a dirigé l’étude. Elle devrait en particulier servir les populations isolées, et les besoins des chercheurs et des médecins qui n’ont pas accès à des laboratoires d’analyses. »

La technique classiquement utilisée pour transporter le sang depuis ces zones isolées consiste à sécher le sang sur du papier, mais elle n’est pas aussi résistante aux conditions élevées de température et d’humidité qui règnent par exemple dans les containers de transports maritimes.

« Il sera plus facile de mettre en place des études épidémiologiques ou des essais cliniques à distance », ajoute le Pr David Caplan.

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