- Les diagnostics de troubles neurodéveloppementaux chez les enfants ont nettement augmenté depuis les années 2000.
- Une explication réside dans le fait que les outils diagnostiques ont également évolué.
- Face à ces troubles neurodéveloppementaux devenus sont moins tabous, les parents osent davantage demander de l’aide.
Pendant longtemps, certains enfants ont été décrits comme "rêveurs", "difficiles" ou "en décalage", sans que leurs difficultés ne soient réellement expliquées. Aujourd’hui, ces mêmes signes attirent davantage l’attention des parents, des enseignants et des professionnels de santé. En France comme dans de nombreux pays, les diagnostics de troubles neurodéveloppementaux ont nettement augmenté depuis les années 2000.
Une meilleure compréhension scientifique du cerveau
La première explication de cette augmentation majeure repose sur les progrès de la recherche. Les neurosciences et la neuropsychologie ont profondément transformé notre regard sur le cerveau de l’enfant. Les troubles neurodéveloppementaux sont désormais compris comme des variations du fonctionnement cérébral, et non comme des déficiences globales.
D’après l’INSERM, ces troubles associent à la fois des difficultés spécifiques et, parfois, des compétences particulières, comme une excellente mémoire visuelle ou une pensée très créative. Concrètement, un enfant qui évite le regard ou qui est très sensible aux bruits n’est plus perçu comme "mal élevé" ou "renfermé", mais comme ayant un mode de fonctionnement particulier. Cette compréhension plus fine permet d’orienter les familles vers des évaluations adaptées et surtout d’éviter des années d’incompréhension et de culpabilité.
Des critères élargis et un dépistage plus précoce
Les outils diagnostiques ont également évolué. La publication du DSM-5 par l’American Psychiatric Association a élargi les critères de certains troubles, notamment ceux du spectre de l’autisme, en intégrant des formes plus légères auparavant non reconnues. Cette évolution explique en grande partie l’augmentation des diagnostics.
En pratique, si un enfant est repéré pour des difficultés d’attention grâce à des questionnaires simples remplis par ses parents et son enseignante, il peut bénéficier plus tôt d’aménagements scolaires. Le diagnostic devient alors un outil de compréhension et non une étiquette enfermant l’enfant.
Un changement de regard et une société plus attentive
Puisque les troubles neurodéveloppementaux sont moins tabous, les parents osent davantage demander de l’aide. Les campagnes d’information, les associations et les échanges entre familles favorisent une approche plus empathique. Les systèmes éducatifs actuels repèrent davantage les écarts à la norme, ce qui augmente les signalements, mais ouvre aussi la voie à des environnements plus inclusifs.
Plutôt que de sanctionner un enfant qui bouge trop ou qui peine à s’organiser, on cherche aujourd’hui à adapter le cadre, par exemple en proposant des pauses motrices ou des supports visuels. En misant sur la communication, la coopération et le soutien, il est possible de donner à chaque enfant, quel que soit son fonctionnement neurologique, de meilleures chances de s’épanouir.
En savoir plus : "L'autisme expliqué aux non autistes" de Brigitte Harrisson et Lise St-Charles.


