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Pollution intérieure

Airfryer : sans danger pour la santé ?

Les friteuses dit sans huile ou à air chaud émettent moins de composés organiques volatils et de particules ultrafines que les autres modes de cuisson, mais à une seule condition.

Airfryer : sans danger pour la santé ? Koval Nadiya/iStock




L'ESSENTIEL
  • Même la cuisson d'aliments riches en matières grasses dans une friteuse à air chaud produit moins de particules en suspension dans l'air que les autres modes de cuisson, comme celle à la poêle ou à la friteuse à huile.
  • Cependant, l’utilisation plus de 70 fois de l’appareil entraîne une hausse de 23 % des concentrations de composés organiques volatils liés à la cuisson et une augmentation de plus du double des émissions de particules ultrafines.
  • Les chercheurs attribuent ce phénomène à l'accumulation de résidus sur la friteuse, notamment dans des zones inaccessibles au nettoyage.

"La friture à l'air chaud est devenue une méthode de cuisson populaire à faible teneur en huile, mais son impact sur les émissions de polluants atmosphériques intérieurs reste mal compris", selon des chercheurs de l’université de Birmingham (Angleterre). C’est pourquoi ils se sont penchés sur le sujet dans une étude publiée dans la revue ACS ES&T Air. Lors d’une expérience, les auteurs ont fait cuire 12 plats différents (surgelés, aliments frais, produits riches en matières grasses) dans une friteuse à air chaud de 4,7 litres. Ensuite, ils se sont concentrés sur les émissions de composés organiques volatils, d'oxydes d'azote et de particules ultrafines, tous liés à des problèmes de santé (maladies cardiovasculaires, cancer du poumon…). Pour évaluer les particules en suspension émises lors de la cuisson, l’équipe a chambres de qualité de l'air conçues sur mesure.

Airfryer : les émissions restent minimes comparées à celles des méthodes de cuisson traditionnelles

Les émissions de polluants variaient considérablement en fonction du type d'aliment, avec des taux compris entre 17,8 et 184,0 μg par minute pour les composés organiques volatils totaux de cuisson, entre 24,6 et 37,9 μg par minutes pour les oxydes d'azote et entre 0,1 et 17,4 pour les particules ultrafines, principalement en raison des réactions de Maillard (une réaction chimique entre des acides aminés et des sucres (glucose), contenus dans les protéines des aliments) et de la décomposition thermique des lipides. Selon les résultats, les aliments riches en matières grasse, comme les rondelles d’oignons (probablement en raison de leur enrobage d'huile avant friture), le bacon fumé et le bacon non fumé ont produit les niveaux d'émissions de particules ultrafines liés à la cuisson les plus élevés. Bien que les concentrations de polluants et les potentiels de formation d'ozone aient été élevés à l'intérieur de la chambre, leur extrapolation au volume d'une petite cuisine indiquait des niveaux nettement inférieurs à ceux des méthodes de cuisson classiques, comme la cuisson à la poêle ou à la friteuse à huile.

Bien nettoyer la friteuse pour éviter des émissions de fond

Néanmoins, les scientifiques signalent qu’une utilisation prolongée sans nettoyage en profondeur entraînait des émissions de fond. D’après les travaux, les résidus s'accumulant dans les zones inaccessibles de la friteuse à air chaud après plus de 70 utilisations ont provoqué une augmentation de 23 % des concentrations de composés organiques volatils et de 236 % des concentrations de particules ultrafines en dehors de la cuisson des aliments.

"Notre étude montre qu'un usage répété des friteuses à air chaud, sans possibilité de nettoyer les surfaces de cuisson les plus difficiles d'accès, peut annuler certains des bénéfices pour la qualité de l'air intérieur. Bien que les émissions ne soient pas préoccupantes pour les familles, ce constat plaide en faveur d'une conception des friteuses à air chaud permettant un nettoyage en profondeur afin de maintenir de faibles émissions à long terme. La qualité de l'air dans les habitations et autres espaces intérieurs est de plus en plus reconnue comme un facteur important, et nos travaux permettront aux ménages de mieux comprendre l'impact des activités en cuisine sur la qualité de l'air qu'ils respirent chez eux", a déclaré Christian Pfrang, qui a dirigé les recherches.

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