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Dans le Lancet

François Hollande lance une diplomatie mondiale de la santé

Par Fabien Nizon

Le président de la République signe l'éditorial du numéro de la revue The Lancet, dans lequel il détaille son objectif d'« agenda de sécurité sanitaire global ».

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The Lancet publie ce lundi un numéro spécial, intitulé « France and world », qui accompagne le lancement à Paris d'une nouvelle série de colloques internationaux sur la santé. Selon l’Élysée, la prestigieuse revue médicale a décidé de s'intéresser d'abord au système de santé français, qui, malgré le contexte économique difficile, reste basé sur la solidarité et l’accès aux soins pour tous. C'est donc à François Hollande qu'est revenu l'honneur de signer l'éditorial. Dans son article, intitulé « Pour un agenda de sécurité sanitaire global », le président insiste sur son engagement et ses priorités d’actions pour répondre aux urgences et aux crises sanitaires internationales.

Diplomatie sanitaire

L'objectif du président, déjà évoqué fin mars à Lyon lors de la conférence sur la sécurité sanitaire internationale, est de renforcer la recherche sur les nouveaux risques épidémiologiques, comme Zika et Ebola. Et de développer les systèmes de surveillance, d’alerte et de diagnostic dans le monde. « Les flambées épidémiques ne peuvent pas être prévues avec certitude. Mais nous devons mieux les connaître et agir avec des mesures adaptées de vigilance, de préparation, de détection et de riposte », déclarait alors François Hollande, en dressant les contours d'une nouvelle diplomatie de la santé. Un thème qui sera d'ailleurs abordé ce jour lors de la première conférence du Lancet, en présence de la ministre de la Santé, Marisol Touraine.

Lyon référent international ?

Paris poursuit ainsi sa pression sur l'OMS, après son échec à coordonner une véritable réponse internationale lors de l'épidémie d'Ebola. L'organisation onusienne a déjà engagé une réforme afin de se doter d'un programme unique de réponse aux urgences. Mais la France souhaite aller plus loin, avec un renforcement du règlement sanitaire international (RSI), seul instrument juridiquement contraignant. Un rôle qui pourrait être confié au bureau de l’OMS de Lyon. François Hollande a en effet demandé à l'organisation de lui confier deux nouvelles missions : l’évaluation universelle et périodique de la capacité des États à mettre en œuvre le RSI, et la formation des cadres de la sécurité sanitaire.

À terme, le bureau de Lyon pourrait ainsi se transformer en un nouvel instrument de référence. Et donner à la France une nouvelle stature face aux urgences sanitaires mondiales. Ce n'est d'ailleurs pas le seul tableau sur lequel Paris avance : l'Élysée soutient officieusement l’ancien ministre de la Santé et des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy ,à la direction de l'OMS.