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Rapport de l'OMS

Grossesse : la menace des maladies non-transmissibles

Par Caroline Delavault

Au Mexique, alors que la mortalité maternelle globale est en baisse, les décès liés à des maladies non-transmissibles restent trop nombreux, selon l’OMS.   

Epictura/Maximkabb

Dans un pays où sept personnes sur dix sont en surpoids, les maladies non-transmissibles au Mexique telles que le diabète de type 2, l’hypertension et les maladies cardiovasculaires constituent une menace grandissante chez les femmes enceintes, d’après une étude mexico-américaine publiée dans le dernier bulletin de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Le nombre de décès maternels dus à des complications à l'accouchement et pendant la grossesse ont baissé dans les pays à faible revenu ( passant de 46,4 à 32,1 pour 100 000 naissance ).

Néanmoins, d'après les auteurs de l'étude, le nombre de décès de femmes enceintes suite à une maladie non-transmissible est resté stable sur huit ans : il représente 13,3 des décès pour 100 000 naissances.

Les décès issus de maladies non-transmissibles sont très souvent liés au diabète de type 2, aux troubles cardiovasculaires ou encore à l'hypertension. Autre élément, certains décès maternels indirects sont aussi la conséquence de maladie transmissible ( VIH, paludisme, hépatite etc...).

 

Les maladies indirectes représentent 1/4 des décès 

Ces chiffres inquiètent les chercheurs. Selon eux, « Plus d’un quart des décès maternels dans le monde sont dus à des causes indirectes (...) Nous sommes en train de gagner la bataille contre les causes traditionnelles des décès maternels (…) Mais pas contre les causes indirectes de décès maternels », explique dans un communiqué le Dr Rafael Lozano, co-auteur de l’étude. 
Le statut social des mères est aussi en cause. « Les décès maternels directs concernent les femmes qui habitent dans les municipalités les plus pauvres, tandis que les femmes qui décèdent de causes indirectes ont généralement vécu moins de grossesses, ont un niveau d’éducation plus élevé et vivent généralement dans des municipalité plus riches », commente le Dr Lozano.  

 

Trois personnes sur dix sont obèses 

Il faut dire que le Mexique est fortement exposé au risque de diabète. Sa prévalence est la plus élevée parmi les trente-quatre pays de l’Organisation de Coopération et de Développement économiques. Et le pays enregistre depuis quelques années une augmentation significative de l’hypercholestérolémie et de l’obésité, touchant en autres les femmes. Cette étude illustre ce phénomène de « transition obstétrique », expression récemment utilisée par les chercheurs pour décrire l’évolution des décès maternels. 

Pour le Dr Bustreo, co-auteur de l’étude, les établissements de santé doivent s’adapter à cette tendance. « Pour faire baisser les décès maternels indirects, les obstétriciens et autres personnels de santé (...) doivent être formés de manière à considérer la santé des femmes de façon holistique et de ne pas uniquement se contenter de la prise en charge de leur grossesse ».