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Hôpitaux : près de 16 000 lits pourraient être fermés

Par Stéphany Gardier

La diète continue pour les hôpitaux français. Selon un document interne de la Direction générale de l’offre de soins, consulté par Le Figaro*, près de 16 000 lits pourraient être fermés dans les prochains mois. Une mesure qui ne serait guère surprenante puisqu'en droite ligne avec le « virage ambulatoire », encouragé par le gouvernement. Mais ces fermetures de lits pourraient aussi conduire à une réduction des effectifs, ce que Marisol Touraine avait pourtant promis d’éviter.

 

Difficile cependant pour les directeurs d’hôpitaux de répondre aux exigences d’économies, dictées par le PLFSS (projet de loi de financement de la Sécurité sociale), sans rogner sur la masse salariale. Ce ne sont en effet pas moins de trois milliards d’euros que les établissements hospitaliers sont appelés à économiser entre 2015 et 2017. Or, les salaires constituent 65 % des dépenses. Le calcul est donc simple. Selon les informations du Figaro, la fermeture envisagée de 15 960 lits permettrait ainsi une économie de 570 millions d’euros.

 

La relation entre nombre de lits et personnels n’est cependant pas linéaire, et réduire la voilure dans certains services ne permet pas toujours une réduction proportionnelle des effectifs. C’est donc plutôt au niveau régional que la baisse pourrait s’observer. Les Agences régionales de santé (ARS) auront un rôle majeur à jouer pour accompagner ces réorganisations, et favoriser la mutualisation des personnels.

 

A terme, la restructuration des services hospitaliers français apparaît inévitable. Et les chiffres de nos voisins européens suggèrent qu’il est grand temps que la France revoie sa copie en matière d’hospitalisation. La durée moyenne d’un séjour à l’hôpital dans l’Hexagone est de 9,2 jours, contre 4,5 au Danemark. Le développement des soins ambulatoires était un des objectifs du quinquennat en matière de santé. L’objectif annoncé est de deux tiers des patients traités en ambulatoire en 2020 contre un sur deux actuellement.

 

* Le ministère de la Santé a fait savoir ce mercredi, par voie de communiqué, qu'il démentait les informations avancées par le quotidien.