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Communiqué du Gemme

Hausse des ventes de génériques : insuffisante pour les industriels

Par Julian Prial

Malgré la hausse des ventes de génériques, les industriels jugent les efforts insuffisants. Ils rappellent les économies nécessaires au financement du système de santé français. 

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La plan d'action national pour la promotion des génériques commence à démontrer son efficacité. Un an après son lancement par Marisol Touraine, l'IGAS (1) se félicite dans un rapport de la pénétration de ces médicaments sur le marché. « Sur les 10 premiers mois de 2015, la part du répertoire a augmenté de 2,1 points par rapport à la moyenne constatée en 2014 (pour les médicaments délivrés en ville, en dehors de l'hôpital) ». Ils représentent désormais 42,9 % du marché en volume, « ce qui paraît tout à fait satisfaisant compte tenu de l'absence de tombée de brevet importante », précise-t-elle. 

Conclusion des inspecteurs, « cette légère croissance montre les premiers effets du plan, même s'il reste encore une marge de progression pour atteindre l'objectif fixé à +5 points de boîtes de génériques vendues en 3 ans », poursuit-elle. Pas de quoi rassurer les industriels du médicament en tout cas.

Les engagements des industriels  

Dans un communiqué publié il y a quelques jours, l'association Générique Même Médicament (Gemme) écrit en effet qu'il est « urgent d’agir vraiment et plus largement pour développer utilement le médicament générique en France et réaliser les économies nécessaires au financement du système de santé » français. 
Elle souligne ainsi qu'entre 2013 et 2016, les industriels se sont engagés sur des baisses de prix des médicaments génériques à hauteur de -20 %, soit 632 millions d'euros de baisses de prix cumulées.
Pour compenser cette baisse, « c’est-à-dire sauvegarder la compétitivité de leurs entreprises et préserver la production nationale », le Gemme comptait sur une politique « volontaire et engagée des pouvoirs publics pour soutenir et  promouvoir le générique, et donc une augmentation des volumes », rappelle-t-elle.

Sauf que pour ces industriels, la réalité qui s’impose ne répond pas aux attentes : « Contrairement à ce qu’affirme le récent rapport de l’IGAS, le taux de pénétration des génériques en France est en quasi-stagnation », déplorent-ils. Ainsi, ils prennent très mal l'annonce récente du Comité économique des produits de santé (CEPS) qui a annoncé vouloir aborder, lors de la réunion du 24 mars prochain, une nouvelle baisse de prix brutale et non planifiée. « Nous refuserons tout accord si les nouvelles baisses de prix ne sont pas corrélées à une constatation de l’augmentation de la pénétration du générique en France », menace le Gemme.
 

Des millions d'euros d'économies à la clé 

« Ce n’est plus acceptable et le Gemme appelle les pouvoirs publics à accélérer les mesures majeures du Plan de promotion qui, selon le rapport d’étape que l’IGAS vient de publier, sont à peine esquissées », écrit l'association. Une situation qu'elle regrette d'autant plus que les médicaments génériques pourraient apporter « des économies substantielles au système de santé si les conditions de leur développement étaient réunies ».
Avec son plan qui « vise à encourager la prescription et l’utilisation des médicaments génériques en ville, à l’hôpital et dans les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes, tout en respectant la liberté de prescription », le ministère de la Santé espère réaliser près de 350 millions d’euros d’économies supplémentaires en 3 ans.

(1) Inspection Générale des Affaires Sociales