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Témoignage

Essai clinique à Rennes : une victime garde des séquelles un mois après

L'une des victimes de l'essai clinique de Rennes qui s'est soldé par la mort d'un participant, témoigne pour exprimer sa colère. Un mois plus tard, il garde des séquelles. 

Essai clinique à Rennes : une victime garde des séquelles un mois après MATHIEU PATTIER/SIPA

  • Publié 29.02.2016 à 12h35
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Il témoigne pour exprimer sa « colère ». « En voyant tout ce que disait le responsable de Biotrial à la télé, que ce n'était pas de leur faute… ». Cette version, l’une des victimes de l’essai clinique de Rennes qui s’est soldé par la mort d’un participant sain, la conteste fortement. « Ils ont fait des erreurs. », accuse-t-il dans les pages du Maine Libre.

Stéphane, 42 ans, fait partie des six personnes hospitalisées en janvier, après l’essai clinique mené dans les locaux de l’entreprise Biotrial. « Pour [les médecins], je suis vraiment un miraculé », explique-t-il au quotidien local, en racontant le calvaire qu’il a traversé.

"Taches de sang dans le cerveau"

Le 11 janvier, quatre jours après avoir commencé à prendre le médicament, « j'ai eu les premiers maux de tête », explique-t-il. Un premier patient, celui qui n'a pas survécu, avait été hospitalisé la veille. « Le lendemain, ça n'allait plus. J'avais encore plus mal à la tête, et c'était noir sous mes paupières ». Les médecins lui donnent du Doliprane et une poche de glace.

Cela ne suffira pas. « Le 13, quand je me suis levé, j'avais des étourdissements, je ne voyais plus rien, témoigne-t-il. J'ai voulu prendre une douche et je n'y arrivais pas. Quand j'ai voulu ranger mes affaires dans le vestiaire, je suis tombé ».

Il est alors transféré au CHU de Rennes, où l'IRM révèle « des taches de sang et des traces blanches dans mon cerveau (...) Je ne pouvais plus parler, plus bouger, plus m'asseoir », se souvient-il.

Après deux jours à tester un premier traitement, les médecins en expérimentent un second, à « titre exploratoire ». Son état, s’améliore, à l’étonnement général. « Les médecins étaient étonnés. Ils ne me voyaient pas remarcher ou parler ».

Victime de malaises

Pour autant, un mois plus tard, Stéphane se dit toujours victime de malaises s'il reste « plus de dix minutes debout ». Il voit encore double. Les médecins espèrent que son état s'améliorera « dans six mois ou un an », sans aucune certitude toutefois.

« Pourquoi a-t-on pris le traitement un jour de plus, alors que la première victime était déjà hospitalisée ? », s’interroge Stéphane. Cet élément constitue en effet l’un des trois « manquements majeurs » relevés par un pré-rapport de l'Igas sur l'incident, début février.

Stéphane estime également qu’il aurait dû être informé de la mort des animaux (chiens et singe) lors des essais précédant l’essai sur les humains. « Si j'avais su que des chiens étaient morts, je n'aurais pas risqué ma vie pour 1 900 euros », conclut-il.

 

 

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